Le patrimoine, une mémoire pour le futur

Le patrimoine, une mémoire pour le futur

Les « carnets de ville » proposent une promenade à travers l'histoire de 13 lieux de la ville qui en racontent sa formation.

Les carnets de ville

Les patrimoines architectural, urbain, paysager et naturel sont des éléments d'attractivité et de rayonnement de l'agglomération. Fondement de la ville, ils font partie intégrante de la vie quotidienne de la cité et inspirent les projets urbains qui dessinent l'avenir.

La richesse des quartiers strasbourgeois est étudiée à travers plusieurs démarches, qu'il s'agisse du volet patrimonial du Plan local d'urbanisme, de l'inventaire scientifique de la Neustadt mais aussi de la révision-extension du Plan de sauvegarde et de mise en valeur.

De cet important travail de connaissance est née cette exposition, qui offre un regard sur la fabrication de Strasbourg au cours des siècles, socle de la ville de demain. Elle est conçue à partir des documents utilisés lors de ce travail notamment des plans, lithographies, dessins, gravures, photographies et cartes postales venant principalement du Cabinet des estampes et des dessins des Musées et des Archives de Strasbourg.

Vous possédez vous aussi des photos anciennes, des cartes postales, des lettres ou tous autres documents…
Partagez avec nous vos archives qui témoignent d'une époque passée et aidez-nous ainsi à enrichir nos connaissances sur le Strasbourg d'hier.

  • Par email, vous pouvez envoyez un scan ou une photo de vos archives à carnetsdeville@strasbourg.eu
  •   Ou rendez-vous aux Archives de Strasbourg, 32 route du Rhin, du lundi au vendredi de 9h à 17h et le mardi de 13h à 17h, pour nous remettre vos documents qui vous seront ensuite restitués.

Merci de prévenir de votre venue : archives@strasbourg.eu ou 03 88 43 67 00.

Les extensions urbaines au cours des siècles

Fac de droit en constructionL'agglomération s'étend progressivement, créant de nouveaux quartiers : le secteur de la place d'Austerlitz sur l'ancienne caserne de la porte des Bouchers, l'Esplanade sur d'anciens terrains militaires de la Citadelle, Hautepierre sur des terres agricoles en lisière de ville et Deux-Rives sur les friches portuaires jusqu'à Kehl.


De la porte des Bouchers à la place d'Austerlitz

La place d'Austerlitz lors d'une parade militaire, lithographie de D. Baltzer, 1850La porte des Bouchers est l'une des deux entrées sud de la ville depuis le Moyen Âge jusqu'à son arasement en 1877. La place d'Austerlitz se forme autour de la caserne des Canonniers (1756) ; elle s'anime de brasseries et d'hôtels au 19e siècle. La démolition de la caserne (1910) fait place à un nouveau quartier – le quartier Suisse – qui accueille d'importants programmes de logements sociaux. La ligne de tramway vers Kehl (1885) transforme la place en un nœud de circulation. L'emprise de l'automobile disparaît progressivement avec la piétonisation de la rue d'Austerlitz (1992).

De la citadelle Vauban à l'Esplanade

Extrait du plan de la ville de Strasbourg et de la Citadelle, 1822, VandernootEntre la ville et le Rhin, la citadelle construite par Vauban en 1681 formait une place forte autonome reliée à la cité par les fortifications. Cet entre-deux, constitué d'une esplanade militaire, de casernes et de terrains d'exercices, est libéré par l'Armée en 1958, permettant l'aménagement du campus universitaire moderne, d'un quartier résidentiel et du parc de la Citadelle.


Deux-Rives : des bassins industriels à la nouvelle ville vers le Rhin

Les bassins Dusuzeau et de la Citadelle, vers 1925Répondant au développement croissant de la navigation fluviale, des canaux contournent la ville à partir de 1882. Des ports s'y installent mais très vite, un nouveau port sur le Rhin supplante leur activité. Aujourd'hui ces espaces sont le lieu de développement des nouvelles fonctions de centralité de l'agglomération et offrent à la ville de nouvelles promenades et espace publics vers le Rhin.

Le Rhin, d'un pont à l'autre

Le long pont sur le Rhin, gravure de J. Van de Heyden, 1613Longtemps frontière, le Rhin devient depuis 20 ans le cœur de l'agglomération Strasbourg-Kehl. Au cours de l'histoire, de nombreux ponts ont permis les relations entre les deux rives : le Lange Brücke du Moyen-âge remplacé par le pont impérial (1808), doublé par le pont à bateaux (1816) jusqu'à l'ouverture du pont-route pour le tramway (1897), le pont ferroviaire (1861) et le pont de l'Europe (1960) puis la passerelle des Deux-Rives (2004).

Hautepierre, projet de ville idéale

Maquette du projet d'aménagement de Hautepierre de P. Vivien, vers 1967, aménageur SERSSe voulant un « modèle d'urbanisme » face aux défauts des premiers grands ensembles, le tracé des mailles hexagonales était une réponse anticipant les problèmes de circulation : la séparation des flux automobiles et piétons, des unités de voisinage d'environ 1 000 logements — les mailles — organisées autour d'un centre piéton et vert, de services et équipements de proximité, sont les grands principes de l'aménagement de Hautepierre.


Aux limites de la ville ancienne

La Porte des Pêcheurs, le pont Royal et la tour "dans le sac", depuis le pont des Contades, lithographie couleur d'I. Deroy, vers 1865Dépassant les limites des enceintes successives de Strasbourg, des lieux constituent des points permettant le passage de la ville ancienne à ses extensions nouvelles notamment au niveau du quai des Pêcheurs, des berges de l'Ill dans la Neustadt et des Halles - Marais Vert.

 




Du port de la Tête Noire au quai des Pêcheurs

Quai des Pêcheurs, le dépôt de bois et l'église saint-Paul, vers 1900Lors de l'édification de l'enceinte de la ville qui englobe la Krutenau en 1412, la berge de l'Ill est aménagée en port jusqu'au 19e siècle. Ce port, dit de la Tête Noire, est constitué de deux quais : l'un pour la circulation, l'autre, plus large et en dénivelé pour faciliter le transbordement des marchandises. Remplaçant les activités du port, les bateaux-lavoirs animèrent les quais jusqu'à l'après-guerre.

 

De la Porte des Pêcheurs aux berges de la Neustadt

L'enceinte au niveau de la Porte des Pêcheurs, plan de la Ville et la Citadelle, vers 1800Depuis la construction de l'enceinte du 5e agrandissement de Strasbourg (1401-1441), la porte des Pêcheurs permet l'accès de la ville vers la Robertsau. Flanquée d'une tour carrée en 1476, la porte est démantelée avec l'enceinte en 1875 pour permettre l'extension urbaine, la Neustadt. Profitant du panorama offert par l'Ill, la Neustadt transforme les berges en quais et promenades magnifiquement arborées.

 

 

Les Halles - Marais Vert, la modernité aux portes de la ville ancienne

Les tours du centre halles, 1978L'aménagement du fossé du Faux-Rempart en canal de navigation en 1836, engage la transformation du faubourg maraicher du Marais Vert en un espace économique majeur pour le centre ville. Celui-ci se modernisera et se transformera en permanence ; il accueillera l'usine à gaz (1830-1930), la première gare intramuros (1852) qui deviendra halle de marché (1883), le centre commercial et directionnel de la Place des Halles (1972-1979).

 

Des anciens faubourgs aux quartiers dans l'agglomération

Inauguration de la cité de la Canardière, été 1961Les noyaux ruraux se transforment en faubourg à partir de l'ère industrielle jusqu'au 20e siècle donnant naissance au faubourg de Koenigshoffen, à la cité-jardin du Stockfeld, au quartier-jardin Saint-Florent, à la cité de la Canardière et à la Robertsau.

 



Neuhof, des cités-jardins d'hier et d'aujourd'hui

Concours du projet de cité-jardin, architecte Édouard Schimpf, 1911L'ancien faubourg agricole né autour d'un domaine exploité par les Jésuites au 18e siècle, se développe vers le sud en 1910 avec la construction de la remarquable cité-jardin du Stockfeld, issue des théories urbaines novatrices du philanthrope anglais Ebenezer Howard. Elle est un modèle toujours vivant pour les nouveaux programmes de logements réalisés le long du « Cours de la Forêt ».

 

La Canardière, d'un château à la campagne à une cité dans la ville

Le château de la Meinau, dessin de C. Aldias, 1820À partir du 18e siècle, domaines agricoles et propriétés d'agréments sont implantés à la Meinau. En 1806, Schulmeister (ancien espion de l'empereur) fait construire à la Canardière un somptueux château et aménage un parc autour d'un lac. Vendu en 1833, le parc est transformé en champ de betteraves et le château transformé en sucrerie avant d'être démoli en 1874. Sur le terrain acheté par la Ville en 1923, le grand ensemble de la Canardière est réalisé entre 1958 et 1961 ainsi que l'actuel parc de la Meinau en 1971.

La Robertsau au bord de l'eau

L'Ill et la tuilerie de la Robertsau, dessin de Ch. Guérin, fin du 18e s.Parcourue par de nombreux bras de l'Ill et du Rhin, la Robertsau s'est développée avec l'implantation de pêcheurs, de dragueurs de gravier, de constructeurs de bateaux… L'endiguement du Rhin au 19e siècle permet la culture maraichère : le quartier devient le grenier de la ville, les jardins familiaux prenant le relais au 20e siècle. L'eau présente sous toutes les formes à la Robertsau offre à la ville un de ses plus beaux panoramas aux abords des institutions européennes.

 

Koenigshoffen, un ancien faubourg industriel ouvert sur la plaine de la Bruche et de l'Ill

La brasserie Gruber à Koenigshoffen, 1888Ce faubourg apparu il y a 2 000 ans renaît au 19e siècle avec l'arrivée du chemin de fer et la construction de la première gare de Strasbourg à Koenigshoffen. La nature du sol favorise l'implantation de brasseries qui creusent des galeries pour y stocker la glace. En 1885, David Gruber équipe sa brasserie d'une installation frigorifique, rendant caduque la récolte hivernale de glace sur les prairies inondées du domaine. Vendu en 1933, il est aménagé en un lotissement-jardin qui accueille un parc et des installations sportives, précurseurs du parc naturel urbain de l'Ill-Bruche.

Saint-Florent : un quartier-jardin à Cronenbourg

Concours de l'église Saint-Sauveur, architecte G. Oberthur, 1903L'extension urbaine du début du 20e siècle se greffe sur les voies plus anciennes que sont les routes de Mittelhausbergen et d'Oberhausbergen. Le développement de Cronenbourg s'organise autour des écoles, des églises et leur square (Saint-Florent, Saint-Sauveur). Une large place est faite aux jardins de devant qui agrémentent le paysage des rues.

 
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Contacts
Mission du patrimoine urbain
Tél. +33 (0)3 88 43 61 28