Une ville en transformation et préservée (depuis 1945)

Une ville en transformation et préservée (depuis 1945)

Une ville en transformation et préservée (depuis 1945)
Après les destructions de 1939-1945, le centre ancien est "aéré". La ville se densifie dans un premier temps, avant de laisser place, à la fin des années 70, aux premiers secteurs piétonniers. Avec le retour du tramway, en 1994, Strasbourg devient leader en matière de transports et déplacements.

La reconstruction une occasion pour revoir l'occupation de l'espace

Après la seconde guerre mondiale, un des problèmes majeurs de la population est l'accès au logement. Strasbourg, détruite à 20%, est déclarée "ville sinistrée" en 1947, obligeant la municipalité à réaliser un plan de reconstruction sur l'ensemble de la commune. C'est l'occasion de restructurer une partie des secteurs bombardés. Une reconstruction très soigneuse avec un travail de dentelle dans le tissu urbain, qui tout en conservant les alignements et la structure urbaine antérieure, permit une certaine aération du centre ville. Des placettes et l'élargissement de rues et de ruelles en sont le résultat (rues des Grandes Arcades et des Hallebardes). Les destructions de la place de l'Homme-de-Fer sont l'occasion, d'une part, de poursuivre la Grande Percée vers le nord avec la rue du Noyer et, d'autre part, de construire, en 1960, un bâtiment-signal de quinze étages, la tour Valentin Sorg.

plan mru 1948

Plan d'interventions suite aux dégâts des bombardements de la 2nde guerre mondiale,
MRU, 1948

Certaines reconstructions et réparations lourdes furent prises en charge par le Ministère de la Reconstruction, notamment les bâtiments publics. Il s'agit de reconstructions à l'identique pour l'Œuvre Notre-Dame, le Palais Rohan (ré-ouvert en 1948), l'église Saint-Jean (1964) ou épurées comme l'Ancienne Douane et la partie centrale de la poste de la Marseillaise (1949).

Des plans pour gérer la densification et l'extension de la cité

La crise du logement entraîne la reprise des constructions d'immeubles dans les nouveaux quartiers créés à l'est de la Neustadt, au niveau des boulevards de la Marne et d'Anvers, ainsi que le premier grand ensemble, la cité Rotterdam.

Deux nouveaux plans d'urbanisme vont permettre de planifier la ville et l'agglomération strasbourgeoise à une échelle plus large et, par là-même, mettre la voiture au cœur du projet. Le plan Calsat de 1969, fixe les grands axes de circulation. Palais des droits de l'hommeLe Plan d'urbanisme directeur (PUD), dit plan Vivien, arrêté en 1965 mais jamais approuvé, fut cependant la base du développement de Strasbourg pour les années suivantes. Il permit notamment d'étendre les fonctions centrales jusqu'à la ceinture verte issue du déclassement des terrains de l'enceinte de 1922 et ainsi de prolonger le desserrement du centre ville ; ce dernier se développant vers le sud avec, comme précurseur, le centre administratif de la Ville et de l'Eurométropole en 1976, puis les Fronts de Neudorf et plus largement l'axe Strasbourg-Kehl et vers le nord avec les Halles, le Wacken et le quartier des institutions européennes.

Strasbourg exemplaire en matière de déplacement et transports en commun

Le "tout voiture" avait largement dégradé l'espace public et, notamment, la place Kléber. Celle-ci était devenue un grand giratoire avec, en son centre, un parking public où le piéton n'avait pas sa place. La reconquête de l'espace public a commencé par la piétonisation d'une partie du centre historique : la Petite France et le quartier de la cathédrale en 1976. Depuis 1989, la politique des déplacements a engendré des évolutions dans les aménagements urbains. Ainsi, dès 1994, Strasbourg montre la voie en matière de transport en commun (tramway) et de déplacements automobiles(avec un projet novateur de boucles de circulation évitant l'hyper centre). La vision de la ville en est bouleversée, de nouveaux lieux, des quartiers sont "rapprochés" du centre, les espaces publics accueillent de nouveaux usages, où le piéton retrouve sa place. Ces transformations se poursuivent et, à la fin des années 1990, le passage du tramway, place de la République, participe d'une reconquête du centre (élargi), redevenu un espace public continu et apaisé.

 
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Mission histoire urbaine
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