Le grand orgue - Millénaire des fondations de la Cathédrale de Strasbourg

 

Publié le 04/12/2014 - Clip © Ville et Communauté urbaine de Strasbourg

Grands événements - Culture

Musique : Grand orgue, Ciaona in f, Johann Christoph Pachelbel / 1000ans de musique / Editions du signe

Alors qu’elle n’est pas encore achevée, la cathédrale de Strasbourg est déjà pourvue d’un orgue, en 1260. Après plusieurs transformations successives et suite à un incendie un nouvel instrument est installé sur le côté nord de la nef, en 1385. Il en subsiste aujourd’hui plusieurs parties, comme la tribune (cela fait l’objet d’un débat, les experts n’étant pas certains à 100%) et le pendentif orné d’une “sculpture automate” de Samson maîtrisant le lion (capable d’ouvrir sa gueule) et de trois anges musiciens. En dessous, se trouvent deux autres mannequins articulés représentant le Héraut de la ville avec sa trompette (habillé en rouge et blanc, couleurs de Strasbourg) et le hirsute Bretzelmann, le vendeur de bretzels si célèbre que les boulangers de la cité furent longtemps surnommés Rohraffen (“singes des tuyaux”). Au XVe siècle, le jour de la Pentecôte, ces trois automates de bois étaient articulés à l’aide des tiges métalliques depuis la tribune par un valet de l’Œuvre Notre-Dame.

Au fil des siècles, les grandes orgues connaissent de profondes métamorphoses : le buffet en "nid d'hirondelles" est ainsi réalisé en 1491 par Friedrich Krebs d’Ansbach tandis que la partie instrumentale est totalement reconstruite par le célèbre André Silbermann (1678-1734, il est le père d’une important dynastie de facteurs d’orgue très active en Alsace) entre 1713 et 1716 qui en fait un instrument de haut niveau avec 2 242 tuyaux et trois claviers de 39 registres. Silbermann supprime les volets peints (probablement par le peintre Hans Baldung Grien) et les remplace par des jouées en bois sculptées au goût du jour. La merveille de Silbermann fut endommagée pendant le siège de 1870. Rénové –massacré pour certains – l’instrument est démonté avant 1914 et de nombreux tuyaux sont envoyés à… la fonderie, réquisitionnés par erreur ! Après guerre, Edmond Alexandre Roethinger construit un orgue inauguré en 1935 : il restait alors quelque 250 “tuyaux Silbermann” en place. En 1981, Alfred Kern acheva la construction d’un nouvel instrument, sans doute son chef d’œuvre, y intégrant les tuyaux “survivants” de l'orgue Silbermann de 1716.