angle-left "Accueil des réfugiés : solidarité, humanité et responsabilité"

"Accueil des réfugiés : solidarité, humanité et responsabilité"

Groupe Strasbourg, énergies positives, élus socialistes et de la société civile. Publié le 28/02/2017

La situation dramatique à Calais trouve enfin une issue grâce à la solidarité de l'ensemble des territoires de notre pays qui viennent prendre leur part de cette détresse humaine. Au même moment, des personnalités politiques propagent des discours de rejet en conseils municipaux, votent des motions dites « anti-migrants », encourageant par là même certains extrémistes à commettre des actes inadmissibles, comme la tentative d'incendie d'un centre d'hébergement.

Refuser de prendre en compte les désordres du monde qui contraignent à l'exil est un jeu dangereux qui va à l'encontre de l'histoire, de la culture et des valeurs qui fondent la France. Strasbourg, capitale européenne de la démocratie et des droits de l'homme, réaffirme dans ce contexte son attachement aux valeurs qui sont les siennes : solidarité, humanité et responsabilité.

Solidarité d'abord car la France s'est engagée à accueillir 24000 réfugiés, ce qui représente 0,0003% de la population nationale. Les mensonges répétés ne font pas une vérité et l'afflux massif décrit au quotidien par l'extrême-droite est donc évidemment erroné. Sur le territoire eurométropolitain, 500 personnes seront accueillies soit 0,001% de la population. Au-delà des réfugiés, si nous prenons en compte l'ensemble des demandeurs d'asile en difficulté sur notre territoire, cela correspond à 0,004% de la population totale. La solidarité que nous mettons en place ne conduit pas à l'immigration massive dénoncée. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Humanité aussi car la ville de Strasbourg a, dès septembre 2015, alerté les pouvoirs publics pour les pousser à la mobilisation mais aussi encourager les citoyens à agir avec humanisme pour venir en aide aux populations qui vivent ces drames. Notre municipalité travaille activement avec les associations d'aide aux réfugiés ainsi qu'avec les institutions qui travaillent à la promotion des droits de l'Homme. Strasbourg s'est également engagée dans "le réseau des villes solidaires prêtent à accueillir des réfugiés". Strasbourg a d'ailleurs été la première à demander l'organisation d'une conférence mondiale sur l'accueil des réfugiés. L'autre question posée souvent par les opposants à l'accueil de réfugiés est celle de notre capacité à accueillir. A titre d'exemple, rien qu'en résorbant les logements vacants sur l'ensemble du territoire, nous serions en capacité de donner accès à un toit à toutes les personnes mal-logées et d'accueillir encore des réfugiés.

Responsabilité enfin, car la ville de Strasbourg et l'Eurométropole agissent aux côtés de l'Etat qui a augmenté de 50% le budget de l'hébergement en 4 ans pour prendre en charge la détresse de l'ensemble des publics qu'ils soient sans-domicile fixe ou migrants, sans opposer les degrés de souffrances et de douleurs. Nous prenons donc toute notre part dans cette tragédie humaine avec humilité et discernement.

Parallèlement à cette action, l'Etat démantèle les filières de passeurs qui prospèrent cyniquement sur la détresse des êtres humains.

Dans la situation de crise politique, économique, sociale et démocratique que traversent l'Europe et la France, il est primordial que les responsables politiques soient à la hauteur et n'alimentent pas les craintes sur lesquelles prospère l'extrême-droite.

L'Europe, la France, Strasbourg et l'Alsace ont une grande histoire d'accueil, de tolérance et du respect de l'autre. Il appartient à nous, citoyen-e-s, associations, collectivités et Etat d'être fidèle à notre histoire et d'accueillir dans la dignité les personnes réfugiées comme nos ancêtres ont pu l'être par le passé, quand les conflits se déroulaient sur notre territoire et que des Alsaciens étaient alors contraints à l'exil.

Pour le groupe des élu-e-s socialistes et républicains, Philippe Bies, président