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2016 : les bonnes résolutions et les vraies obligations

Groupe Strasbourg à vos côtés - Les Républicains - MODEM - Société civile. Publié le 22/01/2016

Pour les Strasbourgeois, le début de cette année 2016 va bien souvent de pair avec la prise de bonnes résolutions. Ne nous le cachons pas, bien souvent les bonnes résolutions les plus affirmées finissent par pâlir dès le lendemain avant d'être définitivement remises à l'année prochaine le surlendemain ! Pour la Ville de Strasbourg, l'année 2016 ne sera pas celle des bonnes résolutions que l'on pourra oublier les lendemains de fêtes. Ce sera l'année des vraies obligations. Trois obligations à honorer, plus exactement, afin que notre ville conserve son dynamisme, son rayonnement et son statut.

Mettre fin au gouffre financier abyssale de l'usine d'incinération

D'abord, il y a une toute première urgence : mettre fin au gouffre financier de l'usine d'incinération Senerval. Depuis 2 ans, le surcoût de son désamiantage est en train littéralement d'empoisonner les finances de l'Eurométropole. Estimé à 37 millions d'euros, on atteint déjà 78 millions euros après plus de 14 mois d'une gestion chaotique. Passera-t-on le cap des 100 million euros supplémentaires d'ici janvier 2017 ? L'usine Senerval ne brûle plus seulement nos déchets, elle brûle nos marges de manœuvre budgétaires. Les dirigeants de l'Eurométropole et de la ville doivent enfin prendre ce sujet à bras le corps.

Sortir du cercle infernal plus d'impôts, plus de dette et moins de service

Ensuite, l'urgence c'est de mettre fin au triptyque qui fait foi à la Ville de Strasbourg depuis 2014 : plus d'impôts, plus de dette et moins de service. Augmentation de la taxe d'habitation, de la taxe foncière, de la taxe sur les ordures ménagère, de la taxe sur l'électricité, du stationnement... La pilule fiscale est d'autant plus dure à avaler que le service public est de plus en plus fragilisé et que la dette explose. Pour sortir de ce cercle infernal, il n'y a qu'une seule solution : baisser les dépenses publiques et susciter de l'activité économique. Ce dernier point est absolument crucial car Strasbourg est l'une des seules grandes villes françaises à avoir vu baisser le nombre d'emplois dans le privé entre 2007 et 2012.

Améliorer la qualité de notre air

Enfin, il y a un défi à relever qui est invisible mais pas indolore : celui de la qualité de notre air. En 2015, les Strasbourgeois ont respiré plus de 77 journées d'air de mauvaise ou de très mauvaise qualité. Augmentation des risques de maladies cardio-vasculaires, difficultés respiratoires, réduction de l'espérance de vie : les risques sont connus et ils sont réels. Face à cela, pourquoi ne pas décider immédiatement d'une gratuité totale des trams et bus les jours d'alerte et de pic de pollution ? Pourquoi ne pas mettre en place une prévention efficace en amont alors que les épisodes de pollution peuvent être anticipés ? Au moment où les effets néfastes du changement climatique s'intensifient, je propose que le Maire de Strasbourg déclare 2016 comme l'année de la lutte contre la pollution à Strasbourg.

2016 commence, et plutôt que d'énoncer des bonnes résolutions je souhaite que l'on se penche sur trois vraies obligations pour Strasbourg. Si le Maire s'attelait à avancer sur les sujets de Senerval, du dynamisme économique de la ville et la pollution de l'air, il ferait alors de l'année 2016, une année résolument utile pour Strasbourg.

Par Fabienne KELLER, Strasbourg à vos côtés