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COOP : un virage à 180

Groupe Strasbourg à vos côtés - Les Républicains - MODEM - Société civile. Publié le 29/06/2016

Communiqué de presse de Pascal MANGIN – Mardi 21 juin 2016

Il y a plus d'un an, la ville laissait entrevoir les prémices d'un projet de reconversion pour le site de la Coop. La vision d'un haut lieu culturel, ouvert et libre, semblait amorcer les choses de belle manière. L'ambition était telle que le projet eu bonne place lors de la campagne électorale de l'équipe majoritaire, alors même qu'il était initié par le programme culturel de Fabienne KELLER. Il s'agissait d'une véritable annonce et d'un sujet majeur qui eut largement son temps de débat.

Mais il y a quelques jours, l'urbaniste a rendu sa copie, avec une vision des choses toute autre.

La reprise en main du site de la Coop offrait une opportunité unique à plusieurs titres : la Laiterie pouvait déménager et entrevoir le développement qu'elle mérite par son statut de pionnière dans le domaine des musiques actuelles. Avec elle, elle emmenait le Festival de l'Ososphère qui se voyait attribuer un lieu bien plus adapté à son organisation et développement. Les musiques actuelles exigent un certain nombre d'aménagement pour leur parfaite production, de façon exceptionnelle, le site de la Coop répondait à ces critères difficiles à remplir en ville.

Bien au-delà, c'est tout un écosystème qu'il était possible de créer, hormis les projets déjà cités, des start-up, des plateformes d'économies solidaires ou encore des incubateurs avaient toute leur place dans ce projet afin de créer un lieu majeur de la création et de l'innovation artistique. Comme souvent, certains l'ont compris avant nous, de Metz avec le TCRM-Blida à Barcelone avec le "Hangar".

Las, il faut constater que la vision artistique n'émeut guère les cerveaux de ce projet. C'est finalement une solution au rabais qui est proposée aux strasbourgeois, un timide melting-pot d'activités sans grande synergie ni cohérence d'ensemble.

Comme partout désormais, des logements seront construits. Cette boulimie de béton devient une malheureuse routine dans notre ville. Tristement, elle fige définitivement les usages de ce site en interdisant à l'avenir toute organisation de festival, de manifestation tardive et bien évidemment d'implantation de lieu comme la Laiterie. Le seul endroit de convivialité serait une brasserie dont la taille gargantuesque semble indigeste et dont on perçoit déjà le caractère bruyant et disproportionné sur les premières esquisses.

A la vue de ce projet, les priorités de l'architecte sont clairement établies, vous pourrez y dormir, y travailler et y manger, mais certainement pas vous y amuser ou vous y cultiver. C'est une vision bien triste d'un site qui aurait pu offrir une place de choix à la culture, qui elle fédère et rassemble, mais nous hériterons finalement d'un éternel affrontement entre habitation et activité.

Un an après, le virage est immense, à la mesure de la déception qu'il peut entraîner.