angle-left Derya Yildirim, la vie en musique

Publié le 29/10/2019 - Modifié le 04/11/2019

Derya Yildirim, la vie en musique

Ancienne candidate de l’émission The Voice, l’auteure-compositrice Derya Yildirim, qui vit à Neudorf, vient de signer avec une prestigieuse maison de disques en Turquie.

Le cheveu est brun, le regard est clair. Derya a le verbe posé. Se raconter en interview n’est pas ce qu’elle préfère. Son truc à elle, c’est la musique. Depuis qu’elle est toute petite. "Depuis ma naissance" insiste-t-elle. "À la maison, ma mère a toujours écouté de la musique traditionnelle turque, cela a bercé mon enfance", rembobine l’ancienne élève de l’école maternelle du Polygone.

À 12 ans, c’est à la télévision que Derya a sa révélation. Sur la chanson du film Titanic, la prestation de Caroline Costa dans l’émission Incroyable talent la laisse sans voix. "C’était trop beau. Le jour où je l’ai vue, j’ai eu un grand déclic. J’ai eu envie tout de suite d’apprendre à chanter comme elle."

La collégienne de Jean-Monnet reçoit alors ses premières leçons de piano. Micro et ampli à l’appui, elle s’exerce sur des morceaux de Whitney Houston, Alicia Keys ou encore Christina Aguilera. À 14 ans, elle passe l’oral du Conservatoire de Strasbourg. "J’ai joué du Schumann au piano. J’ai fait la moitié du morceau, ils m’ont dit oui."

L'expérience The Voice

Derya Yildirim façonne son oreille musicale, grâce aux cours de solfège et à la chorale du Conservatoire. Deux ans plus tard, sa maman et une copine lui font la surprise de l’inscrire à l’émission The Voice en Turquie, d’où sa famille est originaire. "Les jurés ne se sont pas retournés à l’audition à l’aveugle", se souvient la chanteuse. Peu importe. La vie continue et tout s’accélère pour elle. En septembre 2015, elle remporte le concours musical "La voie des talents" à l’Illiade d’Illkirch, sous les yeux du directeur de casting de The Voice France. Quelques mois plus tard, elle participe à l’émission de TF1 où elle va jusqu’aux battles de l’épreuve ultime.

"Avec le recul, j’ai un petit regret, j’aurais dû être moi-même, plus naturelle, j’étais trop réservée, observe aujourd’hui Derya Yildirim. Cela étant, j’ai beaucoup appris grâce à The Voice, ça m’a permis d’être plus à l’aise sur scène, ça m’a aussi prouvé que j’avais ma place dans le milieu de la musique." Sauf que la télé s’éteint et que le téléphone sonne moins. "J’étais toujours dans l’attente du moment où tel ou tel producteur allait me proposer quelque chose, témoigne la titulaire d’un diplôme d’architecte d’intérieur. Mais ça ne marche pas comme ça. Ce n’est pas en claquant des doigts que l’on obtient des choses." 

Derya se décide alors à écrire et composer ses propres chansons. "Les paroles, c’était le plus dur", explique l’auteure-compositrice de 23 ans qui vit à Neudorf. Elle écrit en français, en anglais et surtout en turc, une langue qu’elle parle couramment. "En français et en anglais, je me trouve banale, je n’ai rien de plus que d’autres alors qu’en turc, je suis une chanteuse différente." En trois ans, elle a écrit une quinzaine de morceaux. Quelques-uns d’entre eux ont fait une apparitionremarquée sur YouTube. Au même titre que ses reprises de standards de la musique turque. La native de Strasbourg a été retenue pour interpréter le générique de la série TV A¸sk A˘glatır. Laquelle est diffusée sur la chaîne principale en Turquie.

"Libre et indépendante"

Sur la plateforme de vidéos partagées, la chanson – qui est une reprise – atteint les 2 millions de vues. Derya se fait un nom et se voit offrir une collaboration avec Sony Turquie, prestigieuse maison de disques. La Française d’origine turque est signée pour trois singles à coup sûr et un album en option. Son quotidien, qui se partage entre Strasbourg et Istanbul, est rythmé par l’écriture dans un univers musical baptisé "soft rock". "J’ai des chansons qui parlent de l’espoir, de l’amour ou encore de la mort avec notamment le récent décès de ma grand-mère. J’exprime mes sentiments en musique avec l’intention que ça parle aux gens qui m’écoutent." L’histoire est en marche pour Derya Yildirim. "J’ai un rapport très romantique à la musique, j’accorde beaucoup de valeur et d’importance à ce que je fais", résume la jeune femme, qui n’a pas envie de brûler les étapes. "Je veux continuer à composer tout en restant libre et indépendante, que personne ne m’impose des choses dans ma carrière." 

Tony Perrette

Photos Elyxandro Cegarra