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Mobiliser les logements vacants pour donner un toit à chacun

Groupe Strasbourg, énergies positives, élus socialistes et de la société civile. Publié le 27/06/2016

Notre équipe a fait du droit au logement une priorité. Depuis 2010 nous réalisons près de 3000 logements par an dont 1500 logements sociaux. Cependant et malgré les efforts des bailleurs sociaux, il y a encore beaucoup trop de demandes de logements non satisfaites. Par ailleurs, de nombreux logements privés restent vacants.

Remettre ces biens en location permettrait de répondre à une partie des demandes. Il s'agirait de développer une offre de logements sociaux privés, car les bailleurs publics ne peuvent pas répondre seuls aux plus de 20 000 demandes en attentes.

C'est pourquoi nous lançons un plan de mobilisation des logements vacants pour sortir de cette situation tendue et donner un toit à chacun.

Quand un logement reste vide, tout le monde est perdant

Il existe environ 15 000 logements vacants à Strasbourg dont 2100 depuis au moins trois ans. Notre ville est dans la moyenne nationale avec 5% de  logements vacants. Ces biens laissés vacants sont surtout concentrés dans le centre et dans les quartiers proches de celui-ci. Il s'agit essentiellement d'immeubles et de logements privés.

Or qu'est-ce qu'un logement vacant ? Un logement qui n'est généralement pas entretenu, réhabilité et mis aux normes. C'est surtout un logement qui n'est pas mis en location et donc qui ne bénéficie pas aux ménages strasbourgeois.

Certains propriétaires spéculent et attendent des jours « meilleurs » pour louer ou vendre. D'autres, et c'est moins connu, cumulent des difficultés : l'âge qui rend impossible d'affronter seul des travaux de réfection, la crainte de ne pas pouvoir assumer la récupération des impayés, des complexités administratives et  juridiques.

Cela contribue aussi à tendre inutilement le marché et à favoriser l'augmentation des loyers. Enfin, c'est une perte de revenus pour son propriétaire, mais aussi pour la collectivité qui ne touche pas les recettes fiscales de la taxe d'habitation.

En conclusion, quand un logement reste vacant, tout le monde est perdant : le demandeur de logement, la collectivité et le propriétaire lui-même. Par contre, remettre ces logements en location permettrait à chacun de sortir gagnant.

Un accompagnement des propriétaires pour remettre les logements en location

Dès 2009, nous avons mis en place la taxe d'habitation sur les logements vacants (THLV) pour les logements laissés vacants depuis plus de 5 ans. A partir de 2012, le délai de « non-location » a été ramené à 1 an. Malheureusement cette taxation n'a pas permis de remettre en location un nombre suffisant de logements.

Ce système n'étant pas suffisant, nous avons fait le choix de mobiliser de nouveaux outils permettant d'agir sur les raisons humaines qui bloquent la remise en location de ces biens. Après avoir observé ce qui se faisait dans d'autres villes, nous allons expérimenter un accompagnement personnalisé permettant d'agir concrètement sur les différents points bloquants les locations.

Quel est l'état du logement ? Nécessite-t-il des travaux ? De quelle ampleur ? Comment les financer ? Vers quelle entreprise se tourner ? Comment gérer une relation locative ? Ce sont autant de questions concrètes auxquelles il faut répondre avant de louer son logement. Le plan de lutte contre le logement vacant ambitionne de prendre en compte toutes ces questions.

Le dispositif annoncé fin mai est opérationnel. Grâce au travail de Syamak Aga Babaei, Vice-président de  l'Eurométropole chargé du logement, nous mettons dès à présent en place à Strasbourg et dans toutes les communes de l'agglomération ce dispositif novateur. Celui-ci  permet au propriétaire de mettre son bien en location à un tarif social et très social, créant ainsi une offre locative privée à bon marché. Strasbourg reste ainsi fidèle à son histoire et à sa vocation humaniste.

 Pour le groupe des élu-e-s socialistes et républicains, Philippe BIES, président