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angle-left Rencontre avec Marie-Louise Leleu, marraine de la 10 ème édition de la Strasbourgeoise

Publié le 23/10/2019 - Modifié le 25/10/2019

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Rencontre avec Marie-Louise Leleu, marraine de la 10 ème édition de la Strasbourgeoise

Sport

La vague rose a une fois de plus rencontré un franc succès avec plus de 12 000 participantes dont la marraine de cette belle journée remplie de partage et de bonheur, Marie-Louise Leleu, témoin des bienfaits de l’activité physique et de l’importance du dépistage du cancer du sein.

D’abord une course féminine créée en 2010, La Strasbourgeoise, organisée par l’Association des Courses de Strasbourg Europe (ACSE), l’Office des Sports de Strasbourg en partenariat avec l’Institut Lilly et fortement soutenue par la Ville, s’accompagne aussi d’une marche.

En France une femme sur huit a un risque de développer un cancer du sein, quel message d’espoir souhaitez-vous leur donner ?

MLL : Le message que j’aimerais donner à toutes les personnes atteintes d’un cancer : croire en sa guérison, ne jamais baisser les bras, ne pas se désociabiliser et surtout garder cette envie de vivre.

Lorsqu’on parle du cancer on emploie toujours des mots guerriers ; lutte, combat, guerrière, battante. Je n’aime pas les conflits encore moins la guerre, et je n’ai jamais combattu alors comment faire face à un cancer ? J’ai laissé les médecins combattre mon cancer, je leur ai fait totalement confiance, ils avaient les armes pour cela, en l’occurrence la chimiothérapie et la chirurgie.

Cela ne signifie pas pour autant que je suis restée inactive, mon seul et unique objectif était de vivre et pour continuer à vivre je devais guérir. Je me suis donc focalisée sur ma guérison et non sur mon cancer, j'ai continué à voir mes amis et à faire diverses activités physiques.

Vous étiez cette année la marraine de la 10ème édition de la Strasbourgeoise, qu’est-ce-que cela a représenté pour vous ?

MLL : Cela a représenté plus d’investissement de ma part mais j’en étais consciente quand j’ai accepté d’être la marraine de cette édition. J’ai dû surmonter ma timidité pour répondre aux questions des journalistes, pour témoigner lors des conférences en entreprise,  je l’ai fait avec grand plaisir. Mon rôle était de porter un message, de convaincre le public des bienfaits de l’activité physique et de l’importance du dépistage du cancer du sein.

J’ai beaucoup donné, j’ai beaucoup reçu en échange, ce partage a été très enrichissant.

Du balcon de la Cité de la Musique et de la Danse j’ai pris conscience de cette vague rose qui allait déferler dans Strasbourg, c’était impressionnant.

Au pont du Corbeau, là où j’ai choisi d’encourager les marcheurs, j’ai réalisé que les gens étaient heureux de me voir, de me toucher, de faire un selfie avec moi, de me raconter leur cancer, d’échanger quelques mots avec moi, de me voir "en vrai" et pas que sur leur petit écran la veille au soir. Mis à part cette sollicitation, je n’ai rien changé à mes habitudes.

Comme chaque année, je suis venue avec mon amie Christiane pour m’imprégner de l’ambiance, j’ai couru avec mes amis sans chercher à faire un chrono, juste à prendre du plaisir à courir ensemble, à frapper dans les mains des pompiers, à remercier les signaleurs bénévoles, à réveiller Strasbourg.

Aujourd’hui plus qu’hier, vous exprimez votre bonheur de vivre quand vous courez, quelles sensations éprouvez-vous ?

MLL : Quand je cours, je vis pleinement l’instant présent, je suis plus que jamais à l’écoute de mon corps et de ce qui m’entoure. Mon corps réagit à l’intensité de l’effort que je lui demande mais aussi aux facteurs extérieurs. Les sensations seront différentes qu’il fasse chaud ou froid, qu’il vente ou qu’il pleuve. À l’aube ou en fin de journée les odeurs ne sont pas les mêmes, courir me rapproche de la Nature. Mon corps me parle à travers mon souffle, mes muscles, ma sueur, mes battements de cœur. Je ressens la douleur ou le bien-être voire les deux à la fois. Je prends réellement conscience que je vis et j’exprime ce bonheur de vivre sans retenue, en oubliant les tracas quotidiens ou la maladie, c’est comme une parenthèse dans laquelle je retrouve l’insouciance de ma jeunesse. La course à pied me permet d’être bien dans mon corps et dans ma tête.

Plus de 12 000 participants-es se sont rassemblés-es, pourquoi cet élan de solidarité ?

MLL : Il s’agissait de la 10ème édition de La Strasbourgeoise, au fil des années, cette manifestation a su s’imposer dans la capitale européenne.

La première édition avait rassemblé 500 participantes, aujourd’hui la mobilisation ne faiblit pas, donnant même naissance à d’autres courses et marches roses à travers toute l’Alsace.

Le succès de La Strasbourgeoise s’explique par le fait que c’est un évènement populaire, familial, convivial, festif et solidaire à la fois. Tout le monde peut y participer !

Certes la course est réservée aux femmes mais si les messieurs le souhaitent, ils peuvent la courir déguisés, c’est aussi l’occasion pour toutes celles qui n’ont jamais participé à une course de courir leur première entre amies et collègues.

La marche est quant à elle ouverte à tous.

Les familles avec enfants étaient nombreuses. Pour cette nouvelle génération, le dépistage sera une évidence, je ne peux que m’en réjouir.

Bon nombre de marcheurs étaient déguisés, il y avait une ambiance de légèreté qui planait dans les rues de Strasbourg. Les groupes musicaux tout au long du parcours ont aussi contribué à faire de cet évènement une belle fête.

La Strasbourgeoise rassemble les gens, toutes générations confondues, et dans ce monde de plus en plus individuel ça fait du bien de se retrouver par solidarité pour toutes les personnes atteintes d’un cancer.

Près de 300 bénévoles se mobilisent chaque année pour cet événement citoyen, comment l’expliquez-vous ?

MLL : La Strasbourgeoise n’est pas une simple course ou marche, c’est une manifestation sportive conviviale et festive dans le cadre d’Octobre Rose, la performance passe au second plan !

Les bénévoles sont heureux et fiers de se mobiliser et de contribuer à la réussite de cette manifestation et attendent La Strasbourgeoise avec la même impatience que les participants. Participants et bénévoles tous ensemble contre le cancer ! Sans eux, la manifestation ne pourrait avoir lieu, un grand merci à tous les bénévoles !

 

Propos recueillis par Nathalie Abbas de Clauzade