angle-left Strasbourg et la solidarité ne doivent pas être la variable d’ajustement du Département

Strasbourg et la solidarité ne doivent pas être la variable d’ajustement du Département

Groupe Strasbourg, énergies positives, élus socialistes et de la société civile. Publié le 24/02/2016

Le groupe des élu-e-s socialistes et républicains de la Ville de Strasbourg dénonce les décisions du Conseil départemental du Bas-Rhin en matière de financement des associations et de l'hébergement d'urgence. Ces décisions vont avoir des conséquences négatives pour les personnes qui connaissent déjà de grandes difficultés et pour les équipes dévouées qui les accompagnent chaque jour.

Les élu-e-s "Les Républicains" du Conseil départemental ont en effet décidé de réduire drastiquement voire de supprimer les subventions apportées aux associations qui veillent à ce que personne ne puisse dormir dehors en hiver. Ils remettent en cause une certaine idée de l'humanisme à l'origine des politiques de solidarités propres à notre région. Ainsi, une enveloppe de près de 640 000 euros a été supprimée pour cette année 2016 par le département, sans concertation ni dialogue avec les acteurs concernés. Sans ces moyens, ce sont de nombreuses structures œuvrant dans le domaine de l'hébergement d'urgence qui vont devoir réduire ou mettre fin à leurs actions à destination des plus démunis.

Ce choix n'est pas anodin quand on sait que c'est à Strasbourg que se concentrent ces associations. Parmi ces structures, c'est le Centre communal d'action sociale de Strasbourg (CCAS) qui fait les frais de cette coupe mais également neuf autres associations qui gèrent les centres d'hébergement. Du jour au lendemain, elles verront leurs subventions diminuer en moyenne de 15 000 à 150 000 euros (Regain, l'Association d'accueil et d'hébergement pour les jeunes (AAHJ), Horizon Amitié ou encore Le Relais...).

Sous couvert de contraintes budgétaires, la majorité de droite du département a fait le choix de ne plus soutenir les plus fragiles. Elle affirme ainsi encore davantage son désintérêt pour la métropole qui est pourtant le moteur de notre région, tant pour les territoires urbains que ruraux.

Strasbourg, capitale économique et politique de l'Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine (ACAL), accueille pourtant une part importante des personnes en situation de précarité du territoire. Ces personnes viennent aussi de communes rurales où elles ne trouvent souvent pas les structures adaptées pour répondre à leurs problèmes. Le choix fait par le Département traduit ainsi une méconnaissance des interactions économiques et sociales entre la métropole et les territoires plus ruraux.

Que dire par ailleurs de la décision du Département du Haut Rhin, également sous prétexte de problèmes budgétaires, de conditionner le versement du RSA à un présupposé bénévolat obligatoire, qui en plus d'être contreproductif, est juridiquement inopérant ?

Les élu-e-s du groupe socialiste et républicain de la Ville de Strasbourg ne laisseront pas les plus fragiles êtres les victimes de ces choix politiques injustes.Nous estimons qu'il nous faut faire une proposition qui structurera l'avenir. A ce titre, nous insistons sur la nécessité de fusionner les deux départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin pour améliorer l'efficacité des politiques publiques. C'est là une revendication des candidats socialistes aux dernières élections départementales. Nous en appelons à la responsabilité des deux départements alsaciens et nous les exhortons à retrouver cette boussole républicaine.

Non, notre ville et ses habitant-e-s ne doivent pas être la variable d'ajustement du budget du Département. Nous demandons au Département du Bas-Rhin de se montrer à la hauteur de la mission de solidarité qui est la sienne, partout et particulièrement à Strasbourg !

 

Pour le groupe des élu-e-s socialistes et républicains, Philippe BIES, président