angle-left Tribune du groupe socialiste et républicain – Novembre 2016

Tribune du groupe socialiste et républicain – Novembre 2016

Groupe Strasbourg, énergies positives, élus socialistes et de la société civile. Publié le 09/11/2016

Des outils adaptés pour dynamiser et revitaliser le commerce au centre ville et dans nos quartiers

Disparition des activités commerciales, développement de la mono-activité, évolution de l'offre des commerces et des services de proximité… Si la situation de nombreux centres-villes en France peut inquiéter, Strasbourg fait aujourd'hui figure d'exception. On le doit évidemment à l'histoire de cette partie de la ville mais aussi aux choix d'aménagement réalisés depuis deux décennies. La mobilisation de deux Sociétés d'Economie Mixte (SEM) de la collectivité, Habitation moderne et la Locusem, permet de disposer d'outils originaux pour répondre aux défis nombreux du maintien et du développement d'activités commerciales.

J'ai eu l'occasion de le rappeler lors du dernier congrès des Entreprises publiques locales (EPL) à Marseille. Le centre-ville de Strasbourg constitue le premier pôle commercial de l'Eurométropole en matière de chiffre d'affaires (600 millions d'euros, soit 30% du chiffre d'affaire commercial réalisé sur l'agglomération), ainsi qu'en termes de surfaces commerciales (180 000 m²). Il concentre environ 12 000 emplois. C'est un centre-ville dynamique qui a connu une augmentation du nombre d'établissements commerciaux entre 2010 et 2014, avec la création de 106 établissements supplémentaires, soit une progression de +7.5%.

Le centre-ville strasbourgeois a récemment été désigné comme "le plus original" des grandes villes françaises. En effet, les commerçants indépendants y sont encore nombreux et des concepts locaux et originaux se sont lancés à Strasbourg. Je pense notamment à Pur etc., Bagelstein ou encore Gagao. Vous y trouvez aussi à quelques pas l'un de l'autre des commerces renommés, comme les Galeries Lafayette et le Printemps. Les grandes enseignes y sont également présentes et il s'agit de développer une stratégie pour qu'elles n'aillent pas s'installer en périphérie. L'arrivée prochaine de Primark va dans ce sens.

Enfin, le phénomène de vacance commerciale est exceptionnellement bas à Strasbourg.

Elle représentait 4.1 % des cellules commerciales existantes en 2015. A titre de comparaison, la vacance moyenne en centre-ville à l'échelle nationale est de 8.5 %.

Ce résultat est le fruit d'une véritable stratégie. Nous avons fait le choix de nous appuyer sur trois leviers :

  • Maîtrise du patrimoine par la collectivité par le biais de ses outils que sont Habitation Moderne et Locusem.
  • Aménagements des espaces publics qui donnent envie aux gens de flâner et renforcement de l'offre de transports collectifs.
  • Limitation du développement des zones commerciales en périphérie.

 

Nous avons en effet une attention particulière vis-à-vis des projets en périphérie de Strasbourg afin de limiter la concurrence avec le centre-ville et de privilégier une complémentarité dans la thématique et les formats proposés. En termes d'aménagements, nous avons mis en œuvre tous les éléments permettant d'attirer des clients en centre-ville. Cela passe notamment par un "parcours chaland" agréable, sécurisant et comportant une offre diversifiée. La décision prise en 1989, de faire revenir le tram et surtout de profiter de ce retour pour piétonniser quasi totalement le centre-ville, a permis de le redynamiser. C'est en partie pour cela qu'il est aujourd'hui un des plus attractifs. C'est un "centre commercial" à ciel ouvert, les gens pouvant déambuler tranquillement dans les rues de ce qui reste encore aujourd'hui le premier "plateau piéton" de France. L'aménagement futur des quais va dans ce sens et permettra de relier le centre-ville à la Krutenau et au Neudorf pour y maintenir et redynamiser le commerce tout en améliorant le cadre de vie de ses habitant-e-s.

Par ailleurs, la ville de Strasbourg dispose d'un patrimoine important en centre ville, géré depuis 1993 par Habitation Moderne dans le cadre d'une délégation de service public. Ce patrimoine doit permettre une programmation fine des locaux commerciaux avec des enseignes de qualité et à forte attractivité. Par ailleurs, les loyers pouvant être proposés sont plus abordables que le marché traditionnel. A titre d'exemple, c'est bien la maîtrise du patrimoine au centre-ville qui a permis l'installation d'un Monsieur Bricolage, type de commerce qui s'installe en général en périphérie des centres urbains.


Nous avons aussi réactivé un outil spécifique, la Locusem, qui concentre son action sur les commerces dans les quartiers prioritaires de la ville. En effet, la dynamique commerciale doit profiter à toutes et tous, y compris dans la proximité. La Locusem a déjà porté la réinstallation d'un Norma dans le quartier du Neuhof, au pied d'un immeuble neuf de logements. Elle intervient également à Hautepierre, à Cronenbourg et bientôt au Port du Rhin.

Ce n'est pas un hasard si Habitation Moderne et CUS habitat, bailleurs sociaux de la ville et de l'Eurométropole ont accepté d'entrer au capital de cet outil de la collectivité. Enfin, nous avons aussi l'ambition d'adapter notre offre par une stratégie offensive face au développement du commerce en ligne qui prend de plus en plus de parts de marché. C'est un enjeu majeur, un défi à relever dès aujourd'hui !

Pour le groupe des élu-e-s socialistes et républicains, Philippe Bies, président