angle-left Wabmag - Philippe Ochem, directeur de Jazzdor

Publié le 29/10/2019 - Modifié le 04/11/2019

Philippe Ochem : "Jazzdor est un découvreur de talents"

Le festival distille en novembre ses notes, de part et d’autre du Rhin. Mais son action va au-delà de ces journées.

Depuis 1986, les amateurs de jazz apprécient le festival, mais la vocation de Jazzdor est plus large ?
Philippe Ochem : Nous sommes labellisés SMAc Jazz à vocation internationale (Scène de musiques actuelles) et à ce titre, nous remplissons plusieurs missions.

Le festival que vous connaissez, et que je dirige depuis 1989, le festival Strasbourg-Berlin depuis 2007, une saison d’une vingtaine de concerts par an, des interventions pédagogiques en milieu scolaire et universitaire, des résidences d’artistes, comme actuellement dans la vallée de la Bruche.

Disons que cela constitue un programme complémentaire et varié, mené par une équipe de salariés qui s’appuie sur environ 70 bénévoles à Strasbourg.

Directeur artistique, vous organisez la programmation. Quels sont vos réseaux ?

Philippe Ochem : En fait, je me déplace beaucoup. J’ai le privilège de gérer la programmation mais je ne peux pas me baser sur les programmes des tourneurs. Je vais voir les musiciens, les groupes, là où ils se produisent, en France et à l’étranger. Nous avons une vocation de dénicheurs, de découvreurs.

C’est à nous d’aller chercher les artistes que nous souhaitons présenter à notre public. Les propositions sont nombreuses, il y a de vrais choix à faire, car il y a d’extraordinaires musiciens un peu partout. Le jazz est toujours aussi vivant !

Et justement, la place du jazz, quelle est-elle actuellement dans notre panorama musical ?

Philippe Ochem : En France, nous avons la chance avec France Musique de bénéficier de 14 heures par semaine de diffusion de jazz, tous les jours entre 18 et 20h. C’est assez unique, personne n’a cela en Europe. Mais cela reste bien peu. Et ne parlons pas de la télévision, d’où le jazz est totalement absent. Il y a une vraie réflexion à mener, et nous allons y contribuer, à savoir comment l’audiovisuel public doit jouer son rôle pour la diffusion de la musique vivante. Pour l’instant, on assiste à un phénomène de "rétraction" qui nous conduit à nous questionner. Paradoxalement, le foisonnement qui traverse notre musique est sans rapport avec la place que lui réservent les médias…

www.jazzdor.com

Propos recueillis par Pascal Simonin

Photos Abdesslam Mirdass