null Webmag - Caroline Bartelmann : "L’illettrisme est un vrai fléau"

Publié le 07/12/2021 - Modifié le 07/12/2021

Caroline Bartelmann : "L’illettrisme est un vrai fléau"

La directrice de Savoirs pour réussir et les bénévoles de l’association accompagnent individuellement les "invisibles" de la société que sont les personnes illettrées.

Comment définir l’illettrisme ?
Caroline Bartelmann : Est considérée comme une personne illettrée celle qui ne maîtrise pas au quotidien les compétences de base, que sont la lecture, l’écriture, le calcul, les usages du numérique. Il ne faut pas confondre l’illettrisme avec les difficultés en langue française qui concernent des populations étrangères, ni avec l’analphabétisme, qui touche les individus qui n’ont pas été scolarisés et ne savent ni lire ni écrire dans aucune langue.

Qui est concerné ?
Caroline Bartelmann : En France aujourd’hui, on estime à 2,5 millions les personnes en situation d’illettrisme, soit 7% des 18-65 ans. La moitié d’entre elles ont un emploi. Souvent dans le déni ou marquées par la honte, elles sont invisibles et développent des stratégies d’évitement : apprendre par cœur, se faire aider pour remplir un formulaire, repérer les lieux d’un rendez-vous la veille…

L’illettrisme est un vrai fléau car les personnes concernées souffrent d’un manque de confiance en elles et font face à des difficultés quotidiennes, dans la vie courante mais aussi professionnelle. On voit ainsi des apprentis rater leur examen final alors qu’ils sont très bons. Mais il faut dédramatiser : être illettré, ce n’est pas être l’idiot du village et la plupart du temps, ces personnes ont envie de s’en sortir, envie d’apprendre.

Comment votre association intervient-elle ?
Caroline Bartelmann : Nous travaillons en partenariat avec les Missions locales pour l’emploi, l’Armée, les centres de formation d’apprentis, Unis-Cité… Car la question de la détection est cruciale : c’est suite aux constats faits lors des Journées défense et citoyenneté que Savoirs pour réussir a été créée en 2008 à Colmar, avant d’ouvrir son antenne strasbourgeoise en 2014.

Financée par la Caisse d’épargne Grand Est Europe, l’association fonctionne avec quatre salariés, dont deux issus de la Caisse d’épargne en mécénat de compétences. Nos bénévoles accompagnent gratuitement environ 190 personnes en Alsace, pour une durée variable selon les objectifs : passer l’examen du code de la route, suivre une formation, s’inscrire dans une recherche d’emploi, être autonome au quotidien… Propos recueillis par Stéphanie Peurière

Photo Jérôme Dorkel

www.savoirs-pour-reussir.fr