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Publié le 19/03/2020 - Modifié le 28/04/2020

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Des collages de chats pour soutenir le personnel médical

Solidarité, santé

Supacat, artiste de street-art strasbourgeois, a collé ses dessins de chats à proximité des établissements de santé strasbourgeois qui luttent contre la pandémie du coronavirus.

Vous en avez certainement aperçu dans la rue, sur un boîtier électrique, sur des poteaux ou sur des boîtes aux lettres. Depuis 2018, Supacat sème ses collages d’un petit chat jaune aux yeux bleus à travers Strasbourg. Déclinées sous de nombreuses formes –avec l’écharpe du Racing, une bière ou un bretzel- ces œuvres de street-art portent depuis ce week-end un masque sur le visage et un cœur entre les pattes.

"En voyant la crise et en entendant des amis qui bossent à l’hôpital, je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose pour leur dire qu’on pense à eux. Alors, avant le confinement, j’ai collé des chats sur leur trajet du boulot, pour leur donner un peu le sourire en ces temps difficiles. Et pour leur rappeler qu’on ne les oublie pas."

Supacat a aussi envoyé ses collages de chats, baptisés "Love for the med team", aux équipes médicales qui en faisaient la demande. Et elles étaient nombreuses : "Je ne pensais pas que ça marcherait si fort. Le stock est parti en une matinée chez les infirmiers et autres qui travaillent au Nouvel hôpital civil, à l’hôpital de Hautepierre, en Ehpad ou en établissements publics de santé."

Des collages pour donner le sourire

"Donner le sourire aux gens" et favoriser "les échanges, la communication, l’entraide et la solidarité". Voilà la motivation de ce graphiste, qui souhaite rester anonyme. Il a débuté ses collages à l’été 2018, par envie d’exploiter sa créativité et parce qu’il apprécie "le street-art, le graff et le collage de stickers". "Le tout premier se trouve à côté de la brasserie Wow et il est y toujours, c’est cool !"

Supacat personnalise rapidement ses chats en fonction de son inspiration. "J’en ai créé un pour le Pixel museum parce que j’aime bien cet endroit, puis des chats dédiés à des bars ou des restos. J’ai aussi commencé à piéger des potes, en collant un Bowie cat au bas de l’immeuble d’une amie fan du chanteur. Et après, ça a commencé à devenir viral, comme la chasse aux Pokémons."

Un dessin en échange d’un don

De nombreux Strasbourgeois et Strasbourgeoises le contactent, via son compte Instagram ou son site internet, pour qu’il colle des supacat dans leur quartier : des mamans pour le chemin de l’école, des mamies pour leurs petits-enfants, des couples pour leur moitié. Ses chats s’exportent même aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, en Serbie ou en Allemagne. "C’est un dialogue virtuel qui devient réel, une expérience sociale, confie-t-il. J’ai des gens qui viennent me parler sur Instagram, me donnent des nouvelles de leur chat, on parle de pas mal de choses."

Supacat ne fait pas payer pour ses dessins mais demande, si possible, de faire un don aux Chats’sociés ou à Era, deux associations strasbourgeoises de protection des animaux. "Ou alors un bon kebab pour le SDF près de chez soi !" Son exposition-vente prévue en mars au profit Chats’sociés a été annulée en raison de la crise sanitaire. Pas de quoi le démoraliser : "Je leur prépare des tableaux qu’ils vendront à leur brocante en septembre. Et ça me laisse le temps de faire encore plus de dessins à vendre !"

Léa Davy

Photos Supacat