null Webmag : Girls can code !

Publié le 07/12/2021 - Modifié le 07/12/2021

Girls can code !

L’association Prologin organise des stages d’initiation à la programmation informatique pour faire découvrir à des jeunes femmes ce milieu encore très masculin.

Cur_grid [input_y] [input_x] = pl_symbol. Est-ce une énigme ? Un code ? Un langage inconnu ? Un peu des trois selon le point de vue. Pour plusieurs jeunes Strasbourgeoises, c’est surtout un exercice pour découvrir de manière concrète la programmation informatique. "C’est intéressant de voir comment créer et développer quelque chose à partir de rien", souligne Léane, 17 ans. "Et on s’entraide pour avancer, il y a une super ambiance, approuve sa voisine, Emma, 16 ans. Les organisateurs sont toujours là si on a une question." 

Les deux lycéennes font partie des 23 participantes à Girls can code !, un stage d’une semaine organisé en juillet dernier par l’association Prologin dans les locaux de l’école d’ingénieurs Epita. Au menu : la création de petits jeux en langage Python mais aussi une initiation à la cryptographie, au web, à la cybersécurité et au réseau.

"On ne travaille pas sur des projets édulcorés, nous voulons leur donner un aperçu de ce à quoi ressemble vraiment le métier de développeuse, intervient Valentin Seux, président de Prologin. Nous invitons aussi des professionnelles de ce secteur, pour qu’elles évoquent leur parcours scolaire et personnel, et nous prévoyons un temps de questions/réponses.".

Promouvoir la diversité

Prologin organise ces stages réservés aux jeunes femmes de la sixième à la terminale depuis 2014, suite à un "constat unanime" de ses membres sur le manque de diversité dans les écoles d’ingénieurs et dans le monde de l’informatique en général. "Les femmes ne représentent que 10% des élèves de mon école et c’est sensiblement la même chose dans les autres établissements, reprend Valentin Seux. Quand on pense informatique, on n’imagine pas de femmes. Elles ont pourtant été pionnières dans ce domaine, puis rendues invisibles. Et les derniers chiffres montrent une stagnation, voire une baisse, de leur nombre dans ces métiers. C’est quand même dommage de se priver de la moitié des talents de notre société !" 

Les bénévoles de l’association, souvent étudiants à l’école Epita, en profitent aussi pour renseigner les stagiaires sur les orientations possibles. La voie royale pour des études en développement ? La filière numérique et sciences informatiques, à choisir au lycée, en première. Ce n’est pas le choix d’Emma, car "je ne suis pas encore sûre de mon orientation, raconte-t-elle. Par contre, si cette semaine me plaît, j’irai peut être en école d’ingénieurs." 

Dans le groupe des plus jeunes, qui découvrent la programmation de manière plus ludique, ce stage confirme déjà certains choix. Nina, 10 ans, veut devenir conceptrice de jeux vidéo. Camille programme déjà du haut de ses 12 ans et ne compte pas arrêter. "Ça me donne envie car j’aime vraiment créer des programmes", ajoute Sara, 11 ans. "On a appris beaucoup de choses et c’est très bien expliqué", estiment les trois collégiennes, scolarisées à Strasbourg. Toutes ont été recrutées pour leur motivation et participent activement aux ateliers.

Une bourse d'aide

En plus de se développer dans d’autres grandes villes, Prologin, née à Paris et présente à Lyon et Strasbourg, a décidé d’inclure l’objectif de mixité sociale à ses stages. "Nous proposons des bourses pour nos prochains stages, qui prendront en charge le transport et l’hébergement, afin que les élèves modestes puissent y assister. Nous voulons toucher davantage de femmes issues de quartiers populaires, qui ne connaissent pas du tout le milieu de l’informatique ou de personnes qui y travaillent." 

Pour cela, l’association souhaite se rapprocher de collectivités locales, d’associations et d’établissements scolaires implantés dans les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Un engagement très prenant mais motivé par l’envie de contribuer à une société plus égalitaire. "Je veux aider à mon échelle pour que les générations futures ne rencontrent pas les mêmes problèmes que nous", sourit Valentin Seux. Léa Davy

Photos Jérôme Dorkel

Le prochain stage Girls can code! pourrait avoir lieu les 11 et 12 décembre