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angle-left Webmag - Koenigshoffen la Romaine

Publié le 18/06/2018 - Modifié le 28/06/2018

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Koenigshoffen la Romaine

Culture , Transport, déplacement

Les fouilles archéologiques préventives du chantier du tramway prouvent que la route des Romains porte bien son nom.

Il y avait foule ce samedi 16 juin pour les portes ouvertes du chantier des fouilles archéologiques préventives menées sur le tracé du futur tramway de Koenigshoffen, à l’occasion des Journées nationales de l’archéologie.

Dès 10 h 00, une petite centaine de personnes se pressaient autour des sites mis au jour à l’entrée de la route des Romains… Et ils n’ont pas été déçus, car cette dernière porte décidément bien son nom. Le chantier débuté en février a livré son lot d’objets et de fondations d’habitation de tous ordres : résidus de mausolées, généralement édifiés en bord de route, en l’occurrence la voie romaine reliant Strasbourg (Argentoratum) à Metz (Divodurum), même si aucune trace de la voie elle-même n’a été trouvée sur le site, vestiges de caves semi-enterrées, latrines sommaires, silos rudimentaires, mais aussi cinq fours de potiers, dont un conserve même les traces de pieds du potier, et les pots qui vont avec.

Le squelette parfaitement conservé d’un cheval, probablement jeté dans un fossé, a aussi été découvert. A l’extrémité ouest du chantier, trois dés en grès parfaitement conservés, avec leurs mortaises dans lesquelles étaient fichés les poteaux en bois, attestent de la présence d’anciennes maisons.

L’ensemble de ces découvertes confirment que Koenigshoffen était bien un vicus, un quartier urbain, peuplé des civils qui accompagnaient la légion VIII Augusta, elle-même installée à l’emplacement de l’actuelle cathédrale.

 

Elles livrent leurs lots de témoignages d’une vie modeste, laborieuse, mais aussi déjà aventureuse : des poteries fabriquées ici-même, un cadenas, une clé et une chaîne (qui ne vont pas ensemble), des jetons de toutes les tailles pour jouer ou payer (les archéologues ne savent pas encore), ou deux petites perles africaines très délicatement sculptées, dont on peut imaginer qu’elles sont arrivées ici via un des légionnaires du camp d’Argentoratum.


Jean de Miscault
Photo Philippe Schalk