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Publié le 07/09/2020 - Modifié le 08/09/2020

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Peindre le « retour à l’anormal »

Culture

Visible depuis la rue du général Conrad, au bord du bassin des Remparts, une fresque de 50 mètres de long réalisée par l’artiste Félix Wysocki Apaiz invite à la réflexion.

"A l’approche du déconfinement, je n’arrêtais pas d’entendre parler de retour à la vie normale. Pour moi, c’était une façon de rendre acceptable le monde d’avant, celui des crises sanitaire, sociale, environnementale… Retour à l’anormal, ça me semblait beaucoup plus pertinent !"

Cette conviction, Félix Wysocki Apaiz l’a matérialisée en juillet dernier sur une fresque murale de 50 mètres de long. L’œuvre représente un bouquet de pivoines, un vase chiné par l’artiste chez Emmaüs et la phrase "Retour à l’anormal" écrite dans un lettrage inspiré des Pixadores, des artistes brésiliens.

"Je voulais créer un contraste entre le côté pop et coloré des fleurs et cette phrase, qui renvoie à une réalité violente", raconte le diplômé des Beaux-Arts de Brest, arrivé à Strasbourg pour intégrer les Arts déco, dont il est sorti diplômé en 2016.

Une fresque, un mois de travail

Félix Wysocki Apaiz réalise ainsi un projet personnel. "Cela fait plusieurs mois que j’avais repéré le lieu, car il offre une très belle visibilité de loin." La fresque se situe en effet sur le site de l’entreprise MTS, qui lui a donné carte blanche pour peindre sur ce mur, mais s’admire depuis la rue du général Conrad, de l’autre côté du bassin des Remparts.

"Et puis le cadre est sympa, il y a beaucoup de passage. Des personnes qui font de l’aviron, du bateau électrique ou qui nettoient les quais, des péniches de marchandises, des ouvriers, des pêcheurs…" Les habitantes et habitants des péniches, qui profitent d’une vue directe sur son œuvre, l’ont d’ailleurs invité à boire l’apéro. "Ils m’ont dit que c’était un super cadeau", sourit Félix Wysocki Apaiz.

Un cadeau qui a demandé près d’un mois de travail mais pour lequel l’artiste s’est fait plaisir. "Je travaille pour des entreprises, des collectivités, des musées. Quand il s’agit d’une commande, il y a des modifications à faire, un thème imposé... Avec le graff, tu peins ce que tu veux, où tu veux, quand tu veux. C’est moins de pression et plus de liberté." Félix Wysocki Apaiz a signé une autre œuvre imposante rue de la Fonderie et illustre aussi de boîtiers électriques à Strasbourg.

Léa Davy

Photos Jérôme Dorkel et Félix Wysocki Apaiz