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Publié le 11/12/2018 - Modifié le 11/12/2018

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Un pinacle pour l’Unesco

Culture

La Fondation de l’Œuvre Notre-Dame a réalisé la pièce maîtresse d’une œuvre collective imaginée dans le cadre d’une candidature commune au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

"Nous avons été surpris par le projet mais c’était une bonne idée et un défi", confie Pierre Beaugey, tailleur de pierre à la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame (OND). En début d’année, 18 ateliers de taille et de sculpture situés en Allemagne, en France, en Suisse, en Autriche et en Norvège se réunissent pour faire le point sur leur candidature commune afin d’être inscrits à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

"L’objectif de cette démarche est de faire reconnaître au niveau international notre savoir-faire et notre rôle dans la documentation et la transmission de ce savoir-faire", explique Sandrine Ruef, chargée documentaire responsable des collections de la structure. Et pour l’illustrer, quoi de mieux qu’une œuvre commune ? L’atelier de Fribourg se charge de dessiner un pinacle d’environ 1,3 mètre de haut et le divise en 18 pièces, une pour chaque atelier.

Un fleuron en grès jaune

L’OND propose de réaliser un fleuron pour le sommet de la sculpture. "Nous avons sélectionné un grès jaune veiné, prélevé dans une carrière de Bitburg, en Allemagne, car il s’agit de la même veine géologique que les pierres utilisées pour la cathédrale", reprend Pierre Beaugey. 

Il reçoit les gabarits du fleuron en juillet et taille un profil croisé. Nathalie Masson réalise ensuite une "sculpture ajourée de style gothique flamboyant". Mi-octobre, le fleuron et les 17 pièces sont envoyées à l’atelier d’Ulm pour être assemblés. "C’était un délai assez court, nous n’avions pas le droit à l’erreur", avouent le tailleur de pierre et la sculptrice.

Le rôle moteur de Strasbourg 

Si l’OND a eu le privilège de sculpter ce fleuron, c’est en raison de son "rôle moteur dans la candidature et la reconnaissance historique de son savoir-faire, reprend Sandrine Ruef. Avec la construction de la flèche de la cathédrale, la loge des tailleurs de pierre de Strasbourg a été déclarée loge suprême du Saint-Empire romain germanique en 1459." Le dossier sera officiellement déposé en mars 2019 par le Ministère français de la Culture. L’Unesco se prononcera en 2020.

Léa Davy
Photo Uwe Zäh