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Emilie Picard

Emilie Picard : Nous étions peintres, enfin... (2019) Acrylique sur toile. Dimensions : 65 cm x 65 cm

Portrait d'Emilie Picard par Christophe Urbain

Votre parcours artistique ?

Les choses se sont faites assez naturellement sans que je ne me pose vraiment la question.

Durant mon cursus le médium peinture s'est imposé comme une évidence et je m'y suis consacrée pleinement. J'ai intégré l'ESADMM (École supérieure d'art et de design Marseille-Méditerranée) dont j'ai été diplômée en 2009. J'ai également eu la chance de bénéficier d'une bourse Erasmus en 2007 pour passer 6 mois à Prague.

En 2015, après 12 années passées à Marseille, j'ai décidé de suivre la formation de plasticiens intervenants (CFPI) à la HEAR de Strasbourg pour acquérir une meilleure connaissance des enjeux et des outils pédagogiques dans le milieu de l'intervention artistique.

C'est à ce moment-là que j'ai décidé de m'installer à Strasbourg.

J'y vis et travaille une grande partie de l'année, il m'arrive aussi de m'absenter de longues périodes pour des résidences.

 

 

 

 

La peinture semble déjà disparaître, creusée par un réseau de lignes qui fendent littéralement l'image.Emilie Picard

 

Emilie Picard : Nous étions peintres, enfin...

Pourquoi avoir choisi cette œuvre ?

Mes peintures abordent les notions de leurre, de faux-semblant, d’apparat et d’apparence. Elles sont composées comme des mises en scène de théâtre et renvoient à l’illusion du décor.

Les toiles sont peintes sur un fond blanc travaillé longuement en amont, qui apparaît en réserve. Il devient alors la source principale de lumière : non pas celle d’un éventuel éclairage mais celle du tableau lui-même.

Je m’intéresse à la pérennité d’une image, dont la naissance comme l’usure est évoquée par les béances de blanc dans mes peintures. La dégradation et l’effritement de la matière picturale sont évoqués à travers de nombreuses citations de fresques ou de tapisseries anciennes qui nous parviennent aujourd’hui tronquées, lacunaires, et activent l’imaginaire.  

Dans Nous étions peintres enfin,... un jeu de fissure parcourt et parasite la toile,  l'image s'offre déjà dans un processus de dilution. Deux amanites tue-mouches émergeant d'un tas de chamallows comme une tentation à peine déguisée, derrière les couleurs acidulées le danger couve

 

Pourquoi le Bastion 14 ?

Quand je me suis installée à Strasbourg, il m'a fallu trouver un atelier pour poursuivre ma pratique et mener à bien mes projets d’expositions. Les conditions de travail offertes par le Bastion 14 me semblaient idéales. Je travaille principalement sur grand format, cela nécessite à la fois un espace conséquent pour peindre mais aussi pour stocker. Le fait d'intégrer un lieu fréquenté par d'autres artistes était très important pour moi. Les différents projets collectifs qui ont pu être mené, ont créé des liens et des affinités artistiques qui perdurent encore. Enfin, les Ateliers Ouverts organisés chaque année nous permettent de rencontrer le public et d'échanger avec lui, c'est aussi une opportunité d'inscrire notre travail dans un réseau professionnel et artistique.

 

Et pour vous suivre ?

 

Photos : © Emilie Picard