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Histoire du quartier Centre - République

Le quartier Centre-République est le cœur historique de Strasbourg. Articulé autour de la cathédrale, il englobe les lieux successifs du pouvoir.

L'origine romaine

L'origine de Strasbourg est le castrum romain, fondé en l'an 12 avant J.C. Il était implanté sur une terrasse à l'abri des inondations de l'Ill et de la Bruche, et formait un quadrilatère de 19 hectares qui irait aujourd'hui de la place du Temple-neuf à l'Hôtel du Préfet, au collège Saint-Étienne et à la rue du Maroquin, d'abord entouré de palissades qui seront remplacées au IIe siècle par un double mur ponctué de tours de guet et de défense. Le parcellaire du secteur a relativement peu changé. Ses rues principales étaient l'actuelle rue du Dôme (via Principalis) et les rue du Parchemin, des Juifs et des Hallebardes (via Decumana).

Strasbourg médiévale et renaissance

La cathédrale de Strasbourg, construite à partir de 1176 en grès rose des Vosges ne sera achevée qu'en 1439. Sa construction débute par le chœur et le transept nord, dans le style roman mais une équipe venant de Chartres en 1225 révolutionne la construction par l'apport du style gothique. "Prodige du gigantesque et du délicat" selon le mot de Victor Hugo, sa façade est d'une richesse ornementale fantastique. Sa flèche culmine à 142 m et ne sera dépassée que par la cathédrale de Rouen au XIXème siècle.

De très nombreuses constructions du centre de Strasbourg datent du Moyen-Âge ou de la Renaissance et forment des ensembles très pittoresques dans le quartier de la cathédrale (rue Mercière, rue du Maroquin) ou à la Petite-France (rue du Bain-aux plantes).

Les essais d'embellissement aux XVIIème et XVIIIème siècles

Après le rattachement de Strasbourg à la France en 1681, des bâtiments classiques à la française sont érigés qu'il s'agisse du palais des Rohan (1732, architecte Robert de Cotte), de l'Hôtel de ville (1728, architecte Joseph Massol), d'abord Hôtel de Hanau-Lichtenberg puis de Hesse-Darmstadt, de l'Hôtel du Préfet (1730, architecte Jean-Pierre Pflug). La place du Marché-Gayot est due à la volonté du prêteur royal Gayot de transformer un ancien quartier détruit par un incendie en place de marché aux herbes et à la volaille. Réalisée en 1769 par Jean-François Blondel, chargé de l'embellissement de Strasbourg, mais qui ne réalisera que l'Aubette (1764), place Kléber, faute de moyens. À l'origine, la place n'était bornée que du coté de la rue des Écrivains et ne devait comporter que des étals couverts, mais le prêteur royal Klinglin parvient à faire céder à des particuliers le droit d'élever à l'entour du terrain communal de petites constructions pour servir de boutiques. Ces modestes boutiques sont remplacées peu à peu par une série de petites maisons d'habitation, à un ou deux étages séparant la place de la rue du Chapon, de la rue des Frères et de la rue des Sœurs. Aujourd'hui aux beaux jours la "PMG" est agrémentée des terrasses des nombreux cafés et restaurants qui l'entourent.

La place Broglie et le comblement du Fossé des Tanneurs

Creusé en 1400 et comblé en 1840, le Fossé des Tanneurs faisait partie de l'important réseau fluvial du centre de Strasbourg. Il reliait l'un des bras actuels de l'Ill situé à l'est, traversait l'actuelle place Broglie, prenait la rue de la Haute-Montée, passait entre les actuels bâtiments de l'Aubette, longeait la rue du Fossé des Tanneurs, avant de se jeter dans l'un des canaux de la Petite-France. Ce comblement permit de terminer l'aménagement de la place Broglie (ancienne place du Marché aux chevaux) entamée dès 1804 par le Maréchal de Broglie, avec la construction de l'Opéra par l'architecte municipal Jean Villot.

L'extension urbaine majeure : la Neustadt

Adopté en 1880, le plan d'extension de Strasbourg établi par l'architecte en chef de la Ville, Jean-Geoffroy Conrath laissé en place par l'administration allemande après l'annexion de l'Alsace, triple la surface de la ville, englobant notamment le parc du Contades.

Place de la République - Palais du Rhin

Il s'agissait tout d'abord de doter Strasbourg et l'Alsace d'édifices publics à l'image du pouvoir wilhelmien. La place de la République (ancienne Kaiserplatz) est bordée d'imposants bâtiments officiels qui formaient le quartier gouvernemental : le palais du Rhin (palais du Kaiser, architecte Hermann Eggert, 1888), l'ancien ministère de l'Alsace-Moselle (devenu Préfecture une fois Strasbourg redevenue française), la Bibliothèque impériale en 1895 (actuelle bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg) et le siège de l'assemblée représentative d'Alsace-Lorraine en 1899 (aujourd'hui Théâtre national de Strasbourg) tous deux œuvres d'August Hartel et Skjold Neckelmann. La place ouvre sur une voie débouchant à l'est sur un autre complexe monumental, celui de l'Université impériale.

Le programme prévoyait aussi d'importants programmes de logements, le long d'avenues larges dans lesquelles donnent des rues très bien hiérarchisées. C'est le règne de l'éclectisme : à coté d'immeubles ou de villas de styles néo-renaissance et néo-baroque, on en découvre de style néo-gothique et art nouveau.

Le nouveau quartier a été conçu pour être relié au centre ancien par des jeux de perspective notamment sur la cathédrale et sur les édifices entre la Grande-Île et la Neustadt. Cela est particulièrement remarquable au niveau de l'articulation entre la place de la République et la place Broglie d'une part, et du Palais de Justice et de l'école Schoepflin d'autre part. La couture entre la "vieille ville" et la Neustadt s'effectue également par la construction de nombreux ponts et passerelles sur la Fossé du Faux-Rempart.

Pont d'Auvergne

La période moderne

Si l'après guerre a été l'époque du tout-automobile, il fallu reconquérir l'espace public au profit des piétons et des cyclistes : piétonisation autour de la cathédrale dès 1976, retour du tramway en 1994 dans la Grande-Île et dans les années 2000, le long des avenues de la Marseillaise et de la Paix.

Les projets du XXIème siècle

Dans le quartier Centre, les projets actuels consistent dans la réhabilitation ou la reconversion d'édifices et de sites majeurs comme la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, le Palais des Fêtes (1899, architectes Joseph Kuder et Richard Müller), le Palais de Justice (1899, architecte August Hartel et Skjold Neckelmann) dans la Neustadt, l'ancien Hôtel de Police (1732) dans la Grande-Île.

Le projet de révision-extension du Plan de sauvegarde et de mise en valeur de Strasbourg, qui inclut la Grande-Île et le cœur de la Neustadt sera l'occasion d'une meilleure préservation et mise en valeur du riche patrimoine architectural et urbain de l'ensemble du quartier Centre.

Contact

Mission Histoire urbaine

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