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Histoire du quartier Cronenbourg, Hautepierre, Poteries, Hohberg

L'urbanisation du quartier reprend l'histoire de Strasbourg : l'industrie brassicole, le chemin de fer, la ceinture des glacis, le logement social et les projets actuels de renouvellement urbain.

Le passé rural du faubourg

Implanté sur la terre fertile de la terrasse de loess, Cronenbourg a été l'un des cinq faubourgs romains d'Argentorate, par où transitait la première canalisation d'eau d'une vingtaine de kilomètres depuis le Kochersberg. Les fouilles archéologiques ont permis de vérifier que le site de Cronenbourg était habité dès le néolithique, à l'âge du bronze et jusqu'à l'époque mérovingienne. Depuis, cependant, ce secteur au nord-ouest des fortifications ne comporta que le gibet de la ville et quelques masures de paysans, jusqu'au XIXème siècle.

L'essor du faubourg avec l'industrie brassicole et les ateliers ferroviaires

Le faubourg rural se transforma au milieu du XIXème siècle avec l'arrivée de la ligne de chemin de fer Strasbourg-Bâle et la construction de la "Rotonde", servant de dépôt de locomotives et d'ateliers ferroviaires. Cette activité engendra l'essor du faubourg qui se peupla progressivement, notamment d'ouvriers et d'employés, entre la voie ferrée et les routes d'Oberhausbergen et de Mittelhausbergen.

À cette même époque, les brasseries de Strasbourg, installées jusqu'alors au centre de la ville, souhaitant s'agrandir et se moderniser, choisirent le loess des hauteurs des terrasses rhénanes de Schiltigheim et des quartiers de Koenigshoffen et de Cronenbourg. Elles purent y construire de grandes caves, à l'abri de la nappe phréatique et des inondations. L'industrie brassicole se développa avec les malteries qui s'étendirent à cette période. L'implantation de la brasserie Hatt, actuellement Kronenbourg, en 1850, marque l'histoire du faubourg et son développement, car pourvoyeuse d'un grand nombre d'emplois.

Ainsi l'arrivée de la ligne de chemin de fer en 1841 (la première gare fut implantée à Koenigshoffen) sur les sites brassicoles leur permit de s'adapter au marché de la seconde moitié du XIXème siècle.

L'impact des fortifications et des glacis dans la construction de Cronenbourg

Rue Roth

Suite à la guerre de 1870 et l'annexion de l'Alsace-Moselle, l'Empire allemand entreprit la réalisation de la nouvelle enceinte de la ville en 1877, après la construction des lignes des forts avancés. Au-delà de cette dernière, la règlementation dite du "Rayon" s'appliquait. Une bande inconstructible d'environ 500 m (Festungsrayon I), où toute construction était interdite, s'étendait du cimetière Sainte-Hélène, par le milieu du cimetière juif actuel jusqu'à la rue du Gazon. Une seconde bande d'environ 300 m (Festungsrayon II) commençait à l'emplacement de la rue de l'Abattoir, se poursuivait au niveau des rues Saint-Florent, des Pinçons, Marcel Proust et des Ducs, et le long de l'ancienne voie ferrée Rotonde-Koenigshoffen. La construction de maisons d'habitations de type léger, à pans de bois (à colombages) et murs en pisés, fut autorisée dans cette seconde zone. Ainsi, malgré ces servitudes de "Rayon", des maisons s'édifièrent rapidement à partir de 1880.

L'essor du quartier jusqu'à la première guerre mondiale entraîna la construction d'écoles entre 1870 et 1914. La première école de Cronenbourg fut ouverte rue Neuve en 1882 et elle dut être agrandie en 1889. L'actuelle école Camille Hirtz, route de Mittelhausbergen, fut édifiée en 1894 et celle de la rue des Renards, en 1905.

En 1900, la ligne de tramway Strasbourg-Cronenbourg fut mise en service. Elle empruntait la route d'Oberhausbergen, le terminus se situait au niveau de la rue Jacob. La ligne fut ensuite prolongée jusqu'à Westhoffen. C'est en 1960 que la ligne entre le faubourg et le centre de Strasbourg a été remplacé par des bus.

L'urbanisation de Cronenbourg se poursuivit au nord de la route de Mittelhausbergen au début du XXème siècle avec la construction de l'église Saint-Florent, entre 1910 et 1912, hors de la zone non aedificandi des fortifications de Strasbourg. Le quartier résidentiel n'eut que quelques immeubles avant la guerre de 1914-1918, il fallut attendre les années 1920 et le déclassement des zones de "Rayon" en 1922, pour que le secteur devienne un réel quartier d'habitation.

Le commerce de gros de l'agglomération à Cronenbourg dès le début du XXe siècle

À proximité des anciens ateliers ferroviaires de la Rotonde, transférés à Bischheim en 1875, et de la voie ferrée, la gare aux marchandises fut construite au début du XXème siècle par l'architecte en chef de la Ville, Fritz Beblo. Elle est implantée à l'est de la rue de Hochfelden, tout comme le dépôt de tramway de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), édifiés en 1931 par l'architecte Gustave Oberthur. Ces deux bâtiments furent les précurseurs de ce qui est devenu un secteur de services avec les nouveaux abattoirs et le marché gare à partir de 1965. Il est aujourd'hui en pleine mutation.

Développement du quartier à l'ouest de la voie ferrée depuis les années 1950

Après la seconde guerre mondiale, le vaste terrain d'exercices militaires "l'Exes", au nord de Cronenbourg, permit l'installation d'une cité d'urgence dès 1945. L'urbanisation se développa sur l'ensemble du terrain, notamment avec le Centre national de recherches nucléaires et plus globalement le CNRS dès 1959 et la cité d'habitat du même nom, de plus de 2 000 logements entre 1963 et 1972.

Au sud de la cité Nucléaire et à l'ouest de la voie ferrée, le secteur Saint-Antoine se caractérise par une prédominance d'habitat pavillonnaire datant des années 1960-1970, avec quelques immeubles collectifs.

Jardin, Hautepierre Cette même période a vu la naissance de Hautepierre, un quartier qui se voulait un "modèle d'urbanisme" apportant des réponses nouvelles aux défauts des premiers grands ensembles. Le tracé de ses mailles hexagonales était une proposition de réponses aux problèmes de circulation de desserte et de transit par un mouvement unidirectionnel le long des mailles, sans feu, leur centre étant réservé aux cheminements piétonniers et aux espaces verts. Cette séparation des flux automobiles et piétons, et la notion d'unité de voisinage, sont les grands principes de l'urbanisation de Hautepierre. Sa conception est due à Pierre Vivien, architecte chargé des études du Plan d'urbanisme directeur, c'est-à-dire des 9 mailles pour 1 000 logements et les services et équipements de proximité. La réalisation de l'opération est confiée à la Société d'aménagement et d'équipement de la région de Strasbourg (SERS) en 1967. L'autoroute A351, ouverte au trafic en 1972, a transformé le quartier de Hautepierre, la partie sud étant dès lors plus facilement accessible depuis Koenigshoffen.

Durant cette même période, le grand ensemble du Hohberg (1962-1972), de 1 000 logements, a tissé également le lien entre Hautepierre et le quartier de Koenigshoffen.

Dernière extension urbaine

Dans la poursuite de Hautepierre et du Hohberg, et en bordure d'Eckbolsheim, un nouveau secteur se dessine sur environ 70 hectares. Le quartier des Poteries fait l'objet d'une Zone d'aménagement concerté (ZAC) depuis 1984. Le cœur et le poumon de cette opération est le parc, dessiné par le paysagiste Edaw Jarvis.

Le retour du tramway en 1994

Le retour du tramway a été un premier élément de transformation de la vie dans les grands ensembles de l'agglomération strasbourgeoise. La ligne A du tramway, dès 1994, a modifié l'organisation de Hautepierre, de même qu'aujourd'hui, les projets de renouvellement urbain de Hautepierre, de la Cité nucléaire et du Hohberg.

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Mission Histoire urbaine

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