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null Webmag - L’école solidaire

Publié le 12/04/2021 - Modifié le 12/04/2021

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A Hautepierre, l’école solidaire

Enfance, éducation Solidarité, santé

Depuis le 5 avril, les membres de l’Éducation nationale et les agents de la Ville assurent la garde des enfants du personnel soignant grâce à la mise à disposition de plusieurs sites, dont l’école Catherine..

Il est environ 8h15 quand Alexis, Adrien et leur papa Stéphane arrivent. Celui-ci les laisse aux portes de l’école Catherine et ne peut les accompagner dans l’établissement, protocole sanitaire oblige. "Vous serez sages hein ?", lance-t-il. "Oui, oui " répondent ses fils de huit et onze ans, qui s’empressent de rejoindre leurs camarades.

En tant que professionnel de santé –Stéphane travaille à l’Institut de cancérologie Strasbourg Europe- il a la possibilité de faire garder ses enfants malgré la fermeture des écoles, décrétée début avril pour une durée de trois semaines. Pour lui, c’est un vrai soulagement. "Je ne sais vraiment pas comment j’aurais fait autrement. Je n’ai pas d’autre possibilité de garde et le télétravail à l’hôpital, ce n’est pas possible ! Pour un parent solo, c’est vraiment compliqué." 

Faciliter le quotidien des parents

Cette semaine-là, enseignants de l’Éducation nationale et agents de la Ville accueillent 38 enfants, répartis en quatre groupes, non pas en fonction de l’âge mais de la famille. "Nous ne séparons pas les frères et sœurs car si l’un d’eux est positif, cela limite les possibilités de contamination à un seul groupe, explique Kismet Akdat, responsable périscolaire de site. Et puis, c’est plus facile pour les plus jeunes. Nous accueillons des élèves de différents quartiers, qui ne sont pas forcément scolarisés ici en temps normal." 

Ici, tout est fait pour faciliter la vie du personnel soignant, mobilisé depuis plus d’un an dans la lutte contre la pandémie liée au Covid-19. "Nous avons une grande amplitude horaire (8h/18h30) pour permettre aux parents qui ont souvent de longues journées ou des horaires décalés de déposer leurs enfants quand cela les arrange et leur éviter du stress, complète Kismet Akdat. Ils ont juste à nous prévenir des jours de présence de leurs enfants, des informations essentielles les concernant, s’ils ont des pathologies médicales par exemple, et à fournir un justificatif de leur activité." 

Le matin, priorité aux devoirs. "En général, les élèves reçoivent un mail chaque jour de leur enseignante et nous travaillons ensemble les exercices demandés, indique Bernadette Skrzypek, professeure de maternelle à l’école Catherine et volontaire pour participer à ce dispositif d’urgence. Sinon, nous nous appuyons sur un classeur d’activités et nous donnons des exercices visuels et des coloriages aux plus petits." Certains parents fournissent aussi des supports pédagogiques. Adrien et Alexis utilisent par exemple des cahiers de vacances.

À midi, les enfants se déplacent à l’école Jacqueline car l’établissement ne possède pas de cantine. L’Alsacienne de restauration y livre chaque jour des plats chauds. "Par rapport au premier confinement, c’est un plus car les enfants devaient apporter leur propre repas", explique Benoît Zeller, directeur de l’école. L’après-midi, place aux activités ludiques et sportives.

Adaptation permanente

Port du masque, lavage des mains et pupitres éloignés les uns des autres font maintenant partie du quotidien des équipes de l’école. Mais elles doivent aussi adapter leur organisation en permanence afin d’établir les plannings, de répartir les élèves, de commander et de respecter les consignes sanitaires. Ainsi, Benoît Zeller est présent à l’école le matin puis télétravaille l’après-midi. Kismet Akdat exerce à distance le matin et prend la relève l’après-midi.

Quant aux enseignantes, "c’est une réadaptation constante, approuve Bernadette Skrzypek, 23 ans de service à l’école Catherine. D’habitude, j’encadre des petits de deux ans, là nous avons des enfants de la petite section de maternelle jusqu’au CM2. Heureusement, ma binôme est professeure en élémentaire donc elle s’occupe des plus âgés."

"Cela dit, c’est une expérience enrichissante. Et puis je voulais aider ces personnes qui travaillent à l’hôpital. C’est notre école, on la connaît, c’est plus facile."

Quatorze autres sites, des écoles mais aussi des crèches et des maisons de l’enfance, dans différents quartiers de Strasbourg, restent mobilisés pour accueillir les élèves.

Léa Davy
Photos Alban Hefti