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Publié le 20/05/2022 - Modifié le 20/05/2022

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Des promenades solidaires

Sport Égalité Solidarité, santé

L’association Respir organise tous les week-ends des randonnées sportives interculturelles et solidaires dans les Vosges.

Dans la cohorte gaie qui serpente sur les hauteurs de Saverne, en direction des ruines du Haut-Barr, les conversations trouvent des langues communes. "You speak English ? No ? Deutsch ? Tu es d’Azerbaïdjan, c’est ça ?" 

La trentaine de randonneurs et randonneuses, réunis par l’association strasbourgeoise Respir, est là autant pour les rencontres solidaires que pour la beauté du paysage. "Je donnais des cours de français à des demandeurs d’asile, et je me suis rendue compte qu’il y avait une attente pour des activités comme la marche. En plus de pratiquer le français, les randonnées permettent de tisser des liens, de faire du sport, de découvrir la région…", retrace Brigitte Vialatte, à l’origine de cette initiative.

En 2019, elle propose les premières marches, d’abord dans le cadre de l’association Tunaweza. Personnes en demande d’asile ou réfugiées, étudiants isolés et sportifs locaux sont invités à parcourir ensemble une petite vingtaine de kilomètres dans les Vosges, tous les week-ends. Devant l’engouement pour ce projet, une association spécifique a été créée l’an dernier.

Marche et démarches

Certains marcheurs sont fidèles au rendez-vous, comme Nouradine Adam. "Je viens pour retrouver les amis que j’ai rencontrés ici", sourit le jeune Soudanais. Pour d’autres, c’est une découverte : Amirjan Kausary, jeune activiste afghan arrivé récemment, essaye de noyer son anxiété dans la forêt. "Je suis fatigué, mais ça me fait du bien", glisse-t-il.

"Au fil des randonnées, on entre dans l’intimité des parcours. Des jeunes sans solution ont ainsi été hébergés par d’autres marcheurs. Des Strasbourgeois impliqués sont devenus des personnes ressources, qui accompagnent les autres dans leurs démarches", explique Brigitte Vialatte. Au détour d’un sentier ou à l’occasion d’une halte, des Ukrainiennes racontent à une Italienne comment elles ont fui le Donbass, des Afghans plaisantent entre eux en partageant leur thé, des Iraniens racontent leur semaine à des Strasbourgeois… Bref, la magie opère. "Il y a une sincérité spontanée entre nous, qu’on ne retrouve pas ailleurs", conclut Ly Hoang, Alsacienne d’origine vietnamienne.

Lisette Gries

Photos Abdesslam Mirdass

Contact : respir67@protonmail.com. Page Instagram : rando_interculturelle