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Publié le 24/05/2019 - Modifié le 24/05/2019

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Une ferme aquaponique au Port autonome

Économie , Environnement

Les serres seront chauffées en récupérant l’énergie fatale de la chaufferie biomasse d’Electricité de Strasbourg.

C’est l’histoire d’un cercle vertueux, une aventure faite de synergies entre plusieurs activités pour faire pousser des fraises en élevant des truites : une ferme aquaponique va prendre racine au Port autonome de Strasbourg. De l’agriculture urbaine hors-sol et sous abri, pour laquelle activités aquacoles et agricoles s’alimentent mutuellement.
Pour ce projet, il s’agit de créer un cycle, autonome, comme un écosystème. On nourrit les poissons, élevés en bassins couverts pour éviter le développement d’algues. En déféquant, les poissons chargent l’eau en nutriments. Elle sert alors à alimenter le compartiment végétal où poussent dans des rails et gouttières, des salades, tomates, poivrons… Les légumes filtrent l’eau qui est renvoyée, propre, aux poissons. Et ainsi de suite.
Le projet a été retenu dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par l’Eurométropole de Strasbourg en juillet dernier pour un terrain d’1,3 hectare autrefois occupé par des activités industrielles. Les serres seront chauffées en récupérant l’énergie fatale de la chaufferie biomasse du port. "Il fallait imaginer quelque chose au lieu de laisser la chaleur partir aux oiseaux", explique Robert Herrmann, qui avait été étonné de découvrir, à l’occasion d’un voyage d’étude sur la géothermie, que l’Islande était le premier producteur européen de… bananes.

Ecologie industrielle

La centrale biomasse est déjà elle-même vertueuse, alimentée par les déchets bois des entreprises du secteur, notamment les palettes irréparables. Elle permet d’injecter sur le réseau de l’énergie renouvelable. Elle illustre la démarche d’écologie industrielle du Port autonome, une dynamique de mutualisation des ressources et infrastructures entre acteurs de la zone portuaire.
En 2020, la centrale sera donc connectée à cette ferme aquaponique de 9000 m2, le plus grand projet de ce type en France, qui emploiera à terme douze personnes. Le projet est porté par un trio d’agriculteurs bio du nord de l’Alsace, Rémy Gilgert, Jean-Philippe et Pierre Weinstein, qui se sont associés à un ingénieur spécialisé en aquaponie, Félix Haget.

Sophie Morel
Photos Frédéric Maigrot