Évaluation de la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires

Communication au Conseil municipal - Mai 2015

En 2013, la Ville de Strasbourg s'est engagée dans l'élaboration d'un Projet éducatif local (PEL) pour les 0-11 ans, avec ses partenaires institutionnels (État dont services de l'Education nationale, de la Cohésion sociale, de la Culture, Conseil général, Caisse d'allocations familiales...), associatifs et les représentants de parents d'élèves autour de valeurs communes, de principes directeurs et d'objectifs communs partagés. La finalité de la démarche est d'encourager la co-éducation en créant les conditions de sa mise en œuvre.

Parallèlement, l'État a lancé une réforme des rythmes scolaires qui porte la durée de la semaine d'école de 4 jours à 4,5 jours.

La Ville a mis en place la réforme à la rentrée scolaire 2014 en :

  • optant pour la demi-journée du mercredi matin (de 8h30 à 11h30) et une harmonisation des horaires (8h30/12h et 14h/15h45) ;
  • mettant en place des activités éducatives nouvelles, pour faire de l'obligation de mise en œuvre de la réforme une opportunité d'épanouissement pour les enfants. Elles sont proposées aux élèves des écoles élémentaires, à raison d'une fois par semaine 1h30 après la sortie de l'école à 15h45.

Les partenaires institutionnels et associatifs ainsi que les élus et services de la Ville de Strasbourg se sont fortement mobilisés pour que la mise en œuvre de cette réforme voulue par l'État se déroule dans les meilleures conditions.

Lors de la rentrée scolaire de septembre 2014, la Ville de Strasbourg s'était engagée à évaluer la mise en œuvre des nouveaux rythmes scolaires.

1. La mise en place des services aux familles

Compte tenu des nouveaux rythmes scolaires mis en place et afin de répondre aux besoins des familles en matière d'accueil des enfants, la Ville et les associations ont veillé à proposer une offre de services avant et après l'école, permettant de concilier vie professionnelle et vie familiale et de garantir le bien être de l'enfant.

En matière d'inscription et de fréquentation des enfants aux services municipaux périscolaires, on constate une augmentation modérée des inscriptions mais une forte fréquentation en accueil maternel matin et soir, une hausse modérée en restauration et une baisse en accueil de loisirs le mercredi.

Tableau récapitulatif des évolutions des nombres d'inscrits et de la fréquentation par type de service

Tableau récapitulatif

Les associations enregistrent une hausse importante des inscriptions et de la fréquentation des accueils du matin et du soir et constatent une baisse de la fréquentation des accueils de loisirs des mercredis pour les 3-6 ans et une stabilité pour les 6-11 ans.

Evolution des inscriptions

L'organisation municipale et associative des services avant et après l'école au travers de l'accroissement du nombre de places (+101 en 6/11 ans le soir et +84 en 6/11 ans et +96 3/6 ans) a, au final, permis de répondre globalement à l'ensemble des demandes des familles en matière d'accueil des enfants. Alors qu'au mois de juin les familles avaient exercé de fortes pressions sur les associations et la collectivité pour obtenir un mode d'accueil le soir et le mercredi, il s'avère qu'après la rentrée de nombreuses familles se sont organisées différemment le mercredi.

2. La mise en place des activités éducatives

La Ville a fait le choix, pour accompagner la réforme des rythmes scolaires, de mettre en place de nouvelles activités éducatives, sur le temps périscolaire, élément majeur de cette réforme.

Celles-ci se déroulent sur 1h30 par semaine, à destination des enfants en classes élémentaires.

Il est important de rappeler que leur programmation a été assurée sur la base d'un marché périscolaire dont le cahier des charges était très strict sur les contenus éducatifs et pédagogiques. Le bilan démontre que le nombre d'inscrits est globalement conforme aux prévisions (sur 14 210 enfants scolarisés en élémentaire, 10 139 enfants sont inscrits dans les ateliers des nouvelles activités éducatives, soit 71% des enfants scolarisés, pour un taux de fréquentation de l'ordre de 92%).

Pour les 788 ateliers proposés, le taux d'encadrement s'établit à 15 par groupe maximum (13 en moyenne) et les intervenants sont tous qualifiés (40% de BAFA et 60% du bac au Master). La répartition thématique des ateliers se décline comme suit : 42% pour les activités culturelles, 31% pour le ludique (activités socioculturelles), 23% pour le sport et 4% pour les activités autour de l'environnement et les sciences.

3. La perception de la réforme

Une première synthèse de la nouvelle organisation, réalisée par la Ville de Strasbourg en décembre 2014, a été présentée au conseil municipal du 26 janvier 2015. L'engagement avait été pris d'une évaluation.

Cette dernière s'est voulue résolument participative, reposant sur la parole de chacun des co-éducateurs : les enfants, les familles, les intervenants, les associations, les enseignants et les agents municipaux.

Au niveau de l'Education Nationale :

L'Education Nationale, au travers localement de la Direction académique des services de l'Education nationale (DASEN) a produit un bilan synthétique de la réforme montrant les bons résultats pour les acquisitions dans le champ scolaire.

Un des indicateurs centraux de réussite de la réforme des rythmes scolaires pour l'Education nationale était le taux d'absentéisme le mercredi. Il semble qu'il est absolument conforme aux autres jours de la semaine et que la réforme n'a donc eu aucun effet négatif à ce sujet.

Par ailleurs, dès la rentrée 2014, les nouvelles organisations scolaires ont conduit à revoir l'emploi du temps des enfants.

  • Les apprentissages fondamentaux sont répartis sur 5 matinées au lieu de 4. Selon les enseignants, la continuité des matières fondamentales sans coupure dans la semaine ainsi que le recentrage de ces matières fondamentales sur les matinées ont un impact positif sur les apprentissages tels que la lecture ou les mathématiques.
  • De plus, les séances sont réduites à 45 minutes de sorte à faciliter l'alternance des apprentissages.
  • Les activités pédagogiques complémentaires (APC ou "heures de soutien") sont organisées en fin de journée et le mercredi en fin de matinée.
  • Dans la moitié des sites, les récréations de l'après-midi ont été supprimées. De l'avis des enseignants, cette modalité permet de gagner du temps sur le programme de l'après-midi.
  • Dans les écoles maternelles, la durée de la collation et de la récréation le matin a été revue à la baisse le mercredi.

Cette nouvelle organisation a constitué une opportunité pour ajuster les enseignements fondamentaux aux temps d'apprentissages les plus adaptés (notamment le matin). Il reste néanmoins des questions d'organisation de quelques matières spécifiques à l'académie telles que le cours de religion ou d'allemand quelquefois vécues comme une contrainte par les enseignants.

Evaluation sur le territoire de la ville de Strasbourg :

1. La démarche :

La démarche d'évaluation menée comprend deux volets :

  • un volet "enquête" à destination :
    •  des enfants et des familles qui porte sur l'organisation familiale et l'épanouissement des enfants. A cette occasion, plus de 1100 enfants ont donné leur avis dans 50 écoles élémentaires et 816 familles ont été interrogées par téléphone,
    •  des intervenants qui ont animé un atelier dans le cadre des nouvelles activités éducatives : 230 d'entre eux ont répondu à un questionnaire en ligne et une vingtaine d'associations et de CSC ont été rencontrés à l'occasion d'une réunion bilan de la rentrée le 14 janvier 2015,
    •  un travail d'évaluation est en cours avec les agents de la Direction de l'enfance et de l'éducation et plus largement de l'Eurométropole pour mesurer l'impact de la réforme sur la qualité du service rendu au public et sur les conditions de travail des agents.
  • un volet "qualitatif" basé sur :
    •  les comptes-rendus de l'ensemble des groupes éducatifs locaux qui ont nourri l'évaluation au quotidien.
    •  les comptes-rendus des différentes instances de pilotage : comité technique et comité de pilotage du PEL.

2. Les résultats : les rythmes, le bien être des enfants et l'organisation des familles

Un apport significatif pour l'éveil et l'épanouissement des enfants

  • Une qualité reconnue des nouvelles activités éducatives

Sur les 800 familles interrogées, 70% déclarent avoir inscrit leur(s) enfant(s) aux NAE. Les parents accordent une note moyenne de 7,4 sur 10 quant à la satisfaction de leur enfant (3 sur 4 mettent une note comprise entre 7 et 10). Seul 1 enfant sur 10 a interrompu sa fréquentation de l'atelier proposé soit que l'activité ne lui convenait pas, soit qu'elle posait des problèmes d'organisation familiale.

Pour les 230 intervenants qui ont répondu au questionnaire, les ateliers qu'ils ont menés dans des domaines aussi variés que le sport, la culture, l'éducation à l'environnement, la découverte des sciences et techniques, ont apporté aux enfants, dans une très large mesure comme l'indique le schéma ci-dessous, détente, acquisition de savoirs-faire, autonomie, fair-play, expression de son opinion, créativité, respect de l'autre, écoute, esprit d'équipe et épanouissement.

Apport des ateliers pour les enfants

Les enfants, de l'avis des intervenants, sont majoritairement impliqués dans la vie du groupe : ils se montrent intéressés, participatifs. Ils nuancent quelque peu en signalant des signes de fatigue en fin de journée et une aptitude à la coopération pas toujours acquise.

Implication du groupe

La gestion des groupes a été satisfaisante avec quelques points d'attention : quelques cas isolés de non respect des consignes, du matériel ou des enfants entre eux sont à recenser mais ils restent marginaux.

Gestion des groupes

Les intervenants ont indiqué également qu'en moyenne 1 à 2 enfants par groupe ne maîtrisent pas complètement la langue française, francophones ou primo-arrivants mais que les activités proposées sont source de progrès, d'échanges et qu'ils offrent des occasions précieuses de communication (sport, contes, jeux de société...).

Un résultat très intéressant réside en ceci qu'un tiers des parents interrogés déclarent que leur enfant poursuit l'activité découverte en atelier en-dehors de l'atelier (en famille, en club ou dans une association). Les NAE jouent donc pour une large part des familles, le rôle de passerelle vers des activités nouvelles pour les enfants.

  • Des conditions d'organisation des NAE globalement très satisfaisantes

De l'avis des intervenants, les conditions d'organisation des nouvelles activités éducatives (NAE) ont été globalement satisfaisantes : la durée de l'activité est satisfaisante pour 78% des répondants, l'espace dédié à leur atelier satisfaisant pour 77%, les groupes d'enfants sont homogènes à 80% (entre cycle 2 et cycle 3). Les enfants avaient pour les ¾ une bonne compréhension de l'atelier proposé en arrivant. Plus de 4 intervenants sur 5 considèrent avoir en partie ou complètement avoir atteint les objectifs qu'ils s'étaient fixés et apprécient la bonne coopération entre filles et garçons au cours de l'atelier. 95% estiment que les enfants ont été en partie ou complètement satisfaits de leur participation à l'atelier.

22% d'entre eux regrettent cependant que la durée de l'activité soit limitée à 1h30 notamment dans le cas où :

- l'activité ne se déroule pas dans l'enceinte de l'école (dans 15% des cas) et nécessite donc des temps de déplacements quelquefois supérieurs à 15mn

- l'activité demande du temps (cuisine) ou de l'installation de matériel (sport, arts plastiques...) par exemple.

23% des intervenants affirment aussi que l'espace dédié à leur atelier n'est pas très adapté.

  • Les motifs du non-recours à l'offre proposée

Pour les 30% d'enfants non inscrits, les principaux motifs concernent un manque d'information sur les propositions, des problèmes d'organisation (le jour de l'activité ne convenait pas, trop de difficultés à gérer les horaires différents pour les fratries...) ou encore un manque d'intérêt de l'enfant pour les activités proposées (seulement 32 familles sur 360 concernées).

  • Peu d'enfants ont abandonné une activité extra-scolaire du mercredi matin du fait de la réforme

Concernant les activités extra-scolaires des enfants, plus de ¾ des familles déclarent que leur enfant n'avait pas d'activité extra-scolaire le mercredi matin. Sur le quart des familles restant, plus de la moitié des enfants ont continué leur activité à un autre moment de la semaine (le mercredi après-midi ou un soir de semaine) et une petite moitié a arrêté majoritairement pour cause d'incompatibilité des nouveaux horaires avec l'organisation de la famille ou pour éviter une surcharge d'activités pour l'enfant.

Une fatigue des enfants ressentie par les enfants, les parents et les enseignants

Pour près des trois quarts des familles interrogées, les enfants n'avaient pas à se lever le mercredi matin l'année dernière, la semaine d'école de 4,5 jours a donc eu un impact fort sur le rythme hebdomadaire des enfants. Ainsi, pour plus d'une famille sur 4, la réforme a eu un impact sur l'heure de coucher des enfants qui a été avancée en moyenne de ¾ d'heure.

La question de la sieste pour les enfants en maternelle semblait poser problème dans les échanges en GEL. Il apparaît parmi les parents d'enfants scolarisés en maternelle, que seul 1 enfant sur 5 fait la sieste et que sur ces 1/5, seuls 13% sont perturbés par la réforme des rythmes scolaires (soit 57 familles sur 457 répondantes).

1084 enfants ont participé à l'enquête sur la réforme des rythmes scolaires (50 classes, soit 1 classe par école). Un questionnaire court a été administré par le responsable périscolaire de site en collaboration avec un enseignant.

Les chiffres présentés sont des indicateurs du ressenti des enfants à un moment donné (et en fonction de leur compréhension des questions) ; ils reflètent néanmoins leur opinion.

Leurs appréciations des temps périscolaires :

  • 65% des enfants interrogés fréquentent la restauration scolaire : 38% d'entre eux déclarent y passer du bon temps et 47% "parfois oui parfois non",
  • 77% des interviewés sont inscrits à une activité périscolaire : 67% y passent du bon temps et 25% "parfois oui, parfois non".

L'impression de fatigue ou de forme : trois indications à mettre en exergue :

1. 49% des enfants se disent fatigués le matin (à la maison au levé). Les échanges ont permis de relever à plusieurs reprises des horaires de coucher tardif (22h00-22h30) pour des enfants d'âge élémentaire. Ce pourcentage s'estompe ensuite dans le courant de la matinée.

2. Au cours de la pause méridienne : 37% de ceux qui fréquentent la restauration scolaire se déclarent fatigués contre 18% pour ceux qui déjeunent à la maison.

3. Enfin en après-midi, que ce soit en temps scolaire, en activité périscolaire comme à la maison un tiers d'entre eux disent ressentir de la fatigue.

La fatigue des enfants, si elle est difficile à mesurer, est pointée par les parents, par les intervenants, les enseignants, les associations et CSC qui animent des accueils de loisirs et les enfants eux-mêmes. C'est aussi un sujet régulièrement évoqué en GEL. Une attention particulière continuera donc à y être portée dans les travaux de suivi/évaluation qui suivront.

L'impact sur l'organisation des familles

  • Une satisfaction globale des familles quant à l'offre de services proposés par la Ville
    •  Une large part des familles n'a pas recours à l'offre de service proposée par la Ville : par exemple, 87% des enfants sont pris en charge le mercredi midi par leur famille. 85% n'ont pas recours à l'accueil du matin proposé par la Ville et 89% n'ont pas recours à l'accueil de loisirs du mercredi après-midi.
    •  Pour les familles qui ont recours aux services, elles ont globalement rencontré peu de difficultés.
    •  La garderie proposée aux parents le mercredi de 11h30 à 12h15 convient bien aux 2/3 des familles mais pose problème à 1/3 qui souhaiteraient que le service soit étendu jusqu'à au moins 12h30 (ce qui représente au total moins de 5% des familles interrogées).
    •  Le besoin d'un nouveau mode de garde le mercredi après-midi ne concerne que 11% des familles soit une sur 10 et cela n'a pas posé de problème pour plus de 8 familles sur 10. Pour les autres, des solutions ont été trouvées en adaptant les horaires de travail d'un des parents.
  • Un fort impact de la réforme dans la sphère professionnelle des familles
    •  Plus de la moitié des 800 familles interrogées déclarent que la réforme des rythmes scolaires a modifié l'organisation de la famille : pour 46% d'entre eux, elle a entraîné un changement des horaires de travail (1 sur 5 est passé à temps partiel, près de 2/3 ont eu une autorisation de leur employeur pour adapter leurs horaires de travail, quelques rares travaillent désormais le samedi, d'autres ont arrêté de travailler ou pris un congé parental et 14% auraient souhaité changer mais n'ont pas eu la possibilité.)
  • Un coût supplémentaire pour les familles
    •  1/3 des familles interrogées indique que la réforme a entraîné des coûts supplémentaires qui vont majoritairement de 50 à 100 euros par mois.
    •  Par ailleurs, les associations souhaitent une harmonisation tarifaire de l'offre périscolaire, y compris de la cantine.

En synthèse sur la réforme

L'Education nationale a manifesté une grande satisfaction quant au déroulement de la rentrée scolaire et relevé le rôle central joué par la Ville dans la mise en œuvre sereine de la réforme des rythmes scolaires.

Les membres du Comité national de suivi des rythmes scolaires, qui se sont déplacés à Strasbourg le 14 janvier 2015, ont clairement indiqué que toutes les villes de France avaient rencontré des difficultés dans la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires, ce qui semble normal au regard de l'importance des enjeux qu'elle porte, mais ont souligné la qualité de sa mise en œuvre à Strasbourg.

Pour la ville, la mise en place des NAE s'est bien déroulée avec très peu de dysfonctionnements. La fréquentation des nouvelles activités éducatives est globalement conforme aux prévisions : les ateliers avaient été conçus pour pouvoir accueillir 80% des enfants, 71% s'y sont inscrits.

Les principaux points forts sont les nouvelles activités éducatives (35%), une journée d'école plus courte avec un temps libre plus important qui permet de faire des activités ou de se détendre (20%). Cependant, sur les 816 familles interrogées, 52% ne voient aucun point fort à la réforme des rythmes scolaires. Pour les autres,

Les deux points faibles sont la fatigue de l'enfant qui est exprimée par 35% des familles et l'école le mercredi.

4. Une meilleure cohérence des actions éducatives au cours de la journée de l'enfant

La gouvernance du Projet éducatif local : une coopération plus étroite avec l'Education nationale

Si l'élaboration du Projet éducatif local en 2013 a jeté les bases d'un véritable partenariat entre les acteurs institutionnels (Préfecture, services de l'État, Education nationale, Caisse d'allocations familiales, Ville de Strasbourg et le Conseil départemental du Bas-Rhin), mais également avec les associations et les parents permettant de définir collectivement des valeurs, principes, orientations et objectifs éducatifs partagés. (à supprimer car déjà dit), le Comité de pilotage du PEL demeure encore à conforter pour lui permettre de jouer mieux encore son rôle de coordination des politiques publiques, des dispositifs et des moyens sur le territoire de la Ville de Strasbourg.

La mise en œuvre de la réforme des nouveaux rythmes scolaires s'est ainsi adossée aux instances de gouvernance du Projet éducatif local (Comité de pilotage, Comité technique et Groupes éducatifs locaux).

Le Comité technique composé des représentants institutionnels s'est illustré par une implication forte et précieuse du DASEN adjoint, des Inspecteurs de l'Education nationale et des Responsables éducatifs territoriaux offrant les temps et les espaces de régulation nécessaires entre les niveaux centraux et territoriaux dans un contexte particulièrement polémique. Il se réunit désormais trimestriellement.

Les acteurs éducatifs de terrain : des avancées notables malgré quelques difficultés

Des binômes Ville/Education nationale efficaces sur les sites

A l'échelle des écoles, le binôme Responsable périscolaire de site et Direction d'école apporte une plus value réelle dans la gestion quotidienne de la journée de l'enfant et notamment de la sécurisation des transitions entre les temps scolaire et périscolaire.

Avec la création de sept nouveaux postes de Responsable périscolaire de site (RPS), la Ville dispose désormais d'un RPS par école. Ils sont désormais bien ancrés dans les sites et leurs compétences reconnues tant par les directeurs d'école, les parents, les intervenants que les enfants.

C'est ce partenariat de proximité articulé autour du Responsable périscolaire de site et du Directeur d'école sur chaque site qui a permis d'organiser une rentrée globalement sereine.

La cohérence éducative à l'échelle des sites

De manière à renforcer la coopération quotidienne à l'échelle des groupes scolaires les Responsables périscolaires de site se sont engagés à rédiger, pour l'autonome prochain, avec l'ensemble de leurs partenaires un projet de site, afin de recenser les actions menées, de partager les objectifs éducatifs et pédagogiques de chacun, de définir des objectifs commun et d'expliciter la manière de travailler ensemble. Autant d'avancées qui devraient concourir à renforcer la cohérence et la continuité des interventions entre professionnels et dispositifs au sein d'un même site.

Une école ouverte très ouverte sur le quartier

Les écoles deviennent progressivement de véritables espaces éducatifs ouverts sur le quartier. Ils se répartissent de la manière suivante : 49,8% dévolu au scolaire, (soit -15,4% par rapport à 2013-2014), 27,9% au périscolaire, (+22,5%) et 22,3% aux différentes activités associatives, (+12%). Au total le nombre d'heures d'utilisation des écoles a augmenté de +12,7%. Les bâtiments scolaires répondent donc aux exigences des nouveaux rythmes scolaires mais également aux besoins de locaux des associations dans un contexte budgétaire qui permet difficilement la construction d'établissements nouveaux. Cette situation ne va pas sans poser quelques difficultés en matière d'entretien des locaux.

Le fonctionnement des GEL

Les 12 GEL (instance d'animation territoriale du PEL) animés par les Responsables éducatifs de territoire, composés de Directeurs d'école, de parents d'élèves, d'associations et des services, ont constitué les chevilles ouvrières, capitales, dans la mise œuvre d'une nouvelle organisation des rythmes scolaires à l'échelle des écoles pour traiter de manière concrète et pragmatique des horaires d'écoles, de l'utilisation des locaux, de la gestion sécurisée des transitions, de l'organisation des nouvelles activités éducative ou encore de la communication avec les parents.

En 2013-2014, année préparatoire pour la mise en place de la réforme, la fréquentation des acteurs était importante car chacun trouvait de l'intérêt à collaborer et à construire ensemble. Malheureusement, depuis septembre 2014, la présence des parents a chuté et de nombreuses Directions d'école ne souhaitent plus y participer. Cette instance n'a finalement pas encore trouvé son rythme de croisière, mais il est certain que les attentats survenus en janvier dernier démontrent avec acuité la nécessité de travailler ensemble pour affronter les véritables défis que rencontre notre société.

5. Une contrainte mais un moteur pour la collectivité

Le coût de cette réforme est maitrisé pour la Ville de Strasbourg.

Grâce au fonds d'amorçage de l'État, aux redéploiements d'activités périscolaires du soir, du mercredi matin, l'équilibre entre dépenses et recettes devrait être globalement assuré (3,3 millions d'euros). Il est cependant encore trop tôt pour connaître le montant des recettes générées par les services nouveaux et la nouvelle tarification. La subvention escomptée de la CAF (280 000 euros) n'a toutefois pas été obtenue car nous n'avons pas pu déclarer nos nouvelles activités éducatives auprès de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale dans la mesure où 80% de nos intervenants ne possèdent pas une qualification dans le domaine de l'animation. Seuls 40% ont le Bafa mais 60% des qualifications se situent entre le Baccalauréat et le Master.

La réforme a contribué à l'amélioration des services rendus aux familles et à la professionnalisation des agents

Plusieurs mesures emblématiques ont été prises à l'occasion de la rentrée pour améliorer la qualité de nos services et accroître la compétence de nos agents.

Une professionnalisation accrue des agents pour des services périscolaires de meilleure qualité

Les règles de travail ont été adaptées à travers la rédaction d'une nouvelle Convention ATSEM et un nouveau règlement du temps de travail. Les ATSEM ont suivi une formation concernant l'évolution de leur métier et le Projet éducatif local. Si les ATSEM travaillent toujours en binôme avec un enseignant, ils ont souvent la responsabilité de groupes d'enfants durant les temps périscolaires. L'élaboration d'un plan de formation adapté et des temps de travail dédiés avec leur Responsable périscolaire de site concourent à leur professionnalisation et à s'inscrire dans une véritable démarche éducative et pédagogique.

En outre, la présence d'un RPS par groupe scolaire renforce le management de proximité et favorise le traitement des problèmes organisationnels au quotidien mais également la montée en compétences des équipes périscolaires autour d'enjeux éducatifs et de projets.

Enfin, 125 animateurs ont été déprécarisés et globalement tous les animateurs ont vu leur volume horaire augmenté, afin de couvrir l'ensemble des temps périscolaires. Les nouveaux animateurs seront tous formés au BAFA et à l'organisation d'activités éducatives. En conséquence, les équipes sont plus stables, mieux formées et disposent de temps de préparation pour organiser les temps d'accueil des enfants. Le projet pédagogique de chacun des services périscolaires contribue à en améliorer la qualité.

La stabilisation des équipes, l'amélioration des contenus éducatifs et pédagogiques et la mise en place de référents favorisent donc une véritable continuité des temps.

Une amélioration de nombreuses dispositions administratives

Enfin, un effort tout particulier a été consenti, visant à rendre plus cohérent, simple et lisible de nombreuses dispositions administratives en faveur des parents (le dossier unique d'inscription, la tarification solidaire pour tous les services périscolaires, communication sur la rentrée et sur l'offre périscolaire, le règlement intérieur unique des services périscolaires et le projet éducatif commun à l'ensemble des services périscolaires).

Ce bilan sera dans un premier temps encore complété par l'enquête menée auprès des agents de la Direction de l'enfance et de l'éducation et plus largement des agents de l'Eurométropole. Puis dans un second temps, la synthèse globale sera présentée dans les douze Groupes éducatifs locaux début juin afin que des préconisations puissent être formulées par l'ensemble des acteurs sur la base des éléments saillants clairement mis en exergue.