Histoire du quartier Bourse - Esplanade - Krutenau

Histoire du quartier Bourse - Esplanade - Krutenau

Histoire du quartier Bourse - Esplanade - Krutenau
La présence du passé historique, un fort développement urbain au début du XXe siècle et dans les années 1960, et la reconversion de sites majeurs concourent à une riche vie du quartier.

Le quartier de la Bourse - Esplanade - Krutenau conserve des traces de l'histoire de Strasbourg depuis le Moyen-Âge jusqu'à nos jours. En bordure de l'ancien camp romain, son développement est consécutif à celui de l'hyper-centre, de la Neustadt au niveau du quartier Suisse et, depuis les années 1950, de la réconciliation franco-allemande entraînant le démantèlement des casernes de l'Esplanade et la construction du quartier éponyme.

La Krutenau, lié au centre historique de Strasbourg

Sur cet ancien site marécageux, la construction de canaux a permis l'assèchement de la Krutenau et le développement du maraîchage, puis de l'urbanisation. Le tracé sinueux des rues est une trace de ce passé. La dernière enceinte médiévale de Strasbourg marque le paysage de la Krutenau : le long de la rue du Fossé des Orphelins.

Certains corps de métiers indispensables à la vie de la cité se sont implantés à l'intérieur de l'enceinte agrandie au XIIIe siècle, quai des Bateliers, rue d'Or et rue des Bouchers. Au fil du temps, la Krutenau s'est en partie reconstruite sur elle-même. Des bourgeois souhaitant un potager ou un verger, des maraîchers et des communautés monastiques (Sainte-Catherine, Saint-Jean-aux-Ondes, Saint-Nicolas-aux-Ondes et Saint Guillaume) constituèrent les habitants du quartier. Nous y retrouvons des édifices de la Renaissance comme de la période de l'annexion (1871-1918). Les places des Orphelins et Sainte-Madeleine en sont des témoins. Cette dernière possède des bâtiments de ces différentes périodes, comme l'ancien grenier public du XVIIe siècle, la transformation de l'ancien orphelinat en école, aujourd'hui école maternelle, et la construction de l'actuelle école primaire, en 1869, par Jean-Geoffroy Conrath, architecte de la Ville. Après un incendie du couvent en 1904, le projet d'une école de commerce est élaboré, mais si la construction débute en 1913, ce n'est qu'après la guerre qu'elle est terminée (actuel lycée Jean Geiler de Kaysersberg). L'église Sainte-Madeleine, édifice gothique de 1478, fut aussi touchée par l'incendie de 1904 et restaurée par l'architecte municipal Fritz Beblo en 1912. Ayant subie des dommages de guerre en 1944, elle fut reconstruite à l'identique.

Durant l'annexion, de nombreuses voies d'eau ont été supprimées. C'est ainsi qu'en 1872 le canal du Rhin, dit "Rheingiessen", fut comblé permettant la création de l'actuelle rue de Zurich.

La Krutenau a été un des premiers quartiers à bénéficier d'une Opération programmée d'amélioration de l'habitat (OPAH) en 1978, qui s'est traduite par la réhabilitation d'environ 800 logements vétustes et par la réalisation de 170 logements sociaux, dont une centaine de logements neufs au sein de la rénovation de la cour du Brochet et de la rue du Renard Prêchant. Ce type d'opération se poursuit dans le quartier, par exemple avec la rénovation de la cour des Zouaves par le bailleur social CUS Habitat.

La vie du quartier a été, pendant plus d'un siècle, rythmée par le travail de la Manufacture des tabacs. Suite à la restitution des édifices cultuels au Clergé, la production installée dans l'annexe de l'église Saint-Étienne depuis 1811, dut être transférée dans une nouvelle usine construite de 1849 à 1864 à la Krutenau. Elle fut en activité jusqu'en 2010 et fait l'objet d'un projet urbain, à l'échelle du quartier et de l'agglomération, qui permettrait, en reconstruisant la ville sur la ville, d'y développer des fonctions urbaines porteuses de lien social et d'animation.

La proximité de la Neustadt, des projets novateurs

La limite nord-est de la Krutenau a subi des transformations après la suppression de l'enceinte, lors de la réalisation de la Neustadt.

Rue de Lausanne

Bien que des bâtiments militaires étaient toujours présents à l'Esplanade, l'école des Arts décoratifs des architectes Johann-Carl Ott et Édouard Roederer fut construite en 1892 sur l'ancien jardin botanique et les Bains municipaux, de l'architecte municipal Fritz Beblo, remplacèrent une caserne en 1908.

Au sud-ouest de la Krutenau, l'extension urbaine de la Neustadt se caractérise par le quartier dit "suisse", du nom de ses rues. Il a été planifié au tournant du siècle suite à la démolition en 1909 de la caserne d'artillerie et de la fortification du XVIIe siècle (Bebauungsplan de 1912). Seuls quelques édifices furent construits avant 1914. Le bâtiment de la Bourse, place du Maréchal De Lattre de Tassigny, fut commencé en 1914 et inauguré en 1923. La majorité du secteur fut construite dans les années 1930 en conservant le projet urbain d'origine. De nombreuses opérations d'Habitations bon marché (HBM), actuelles Habitations à loyer modéré (HLM), permirent aux ouvriers et employés de trouver à se loger en ville, répondant ainsi à la politique sociale du maire Jacques Peirotes (1919-1929).

L'Esplanade, quartier des années 1960 qui poursuit sa transformation

Avenue De Gaulle

Après la seconde guerre mondiale et la réconciliation franco-allemande, le statut militaire de Strasbourg change. En 1958, la Ville achète l'Esplanade militaire, ses nombreuses casernes et ses terrains d'exercices à l'Armée. Des 170 hectares, une zone de 75 hectares est destinée aux fonctions d'habitation, de commerces et de bureaux, 17 hectares sont attribués à l'Université et 13 hectares à l'aménagement du parc de la Citadelle, qui devient accessible aux Strasbourgeois. L'urbanisation de ce nouveau quartier est planifiée par l'architecte urbaniste Charles-Gustave Stoskopf autour de deux axes structurants : l'avenue du Général de Gaulle, orientée nord-sud, reliant la Neustadt à Neudorf, et les rues René-Descartes et de Londres, d'ouest en est. Le nouveau campus universitaire s'étend de la Neustadt à la Krutenau avec deux bâtiments emblématiques : la faculté de droit (1962, architectes Roger Hummel Roger et Alfred Kronenberger) et la tour de chimie (1962, architecte Roger Hummel). Le premier, avec sa façade en arc de cercle faisant face à la cathédrale, marque l'extrémité est de la rue René Descartes et la continuité avec la vielle ville. Le second, avec ses 15 étages et ses 69,9 mètres, est le deuxième édifice le plus élevé de Strasbourg après la cathédrale (142 mètres). Il fait également la jonction entre "l'ancienne" université de la Neustadt et le campus. Le retour du tramway à l'Esplanade dans les années 2000 (les lignes C, E et F) consolide l'intégration du campus dans la ville.

En 2008, la future université unique de Strasbourg a été désignée comme l'un des premiers sites universitaires français bénéficiaires de l'Opération campus. Le plan Campus, d'une durée de 10 ans, vise le développement, la dynamisation et le rayonnement de l'Université de Strasbourg.

 
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Mission histoire urbaine
Tél. +33 (0)3 68 98 65 80