Histoire du quartier Robertsau, Wacken

Histoire du quartier Robertsau, Wacken

Histoire du quartier Robertsau, Wacken
Bordée par la forêt rhénane, la Robertsau se caractérise par la qualité de son site, où les espaces naturels sont très présents, et par l'esprit encore villageois de son centre.

La Robertsau, village agricole

Entourée par un réseau de cours d'eau - l'Ill, le canal de la Marne au Rhin et le Rhin - la Robertsau s'est développée par l'implantation de pêcheurs, de dragueurs de gravier, de constructeurs de bateaux et de paysans. Ces derniers se sont installés sur les petites îles autour des bras de l'Ill et du Rhin, et ont utilisé les ressources présentes sur place (le crottin de cheval des nombreuses casernes). Très tôt, en effet, l'activité agricole s'est spécialisée dans le maraîchage et le quartier était considéré comme le grenier de la ville. Bien que cette activité ait fortement diminué, elle reste présente jusqu'au cœur du quartier, par exemple avec la présence de serres rue du Capitaine Fiegenschuh. D'anciennes fermes témoignent également de cette origine agricole.

Au XVIIIe siècle, la ville intramuros étant de plus en plus dense et insalubre, la Robertsau est devenue un lieu de villégiature pour les nobles et les bourgeois.

En 1801, le baron de Bussière acquit une vaste propriété qu'il transforma peu à peu en vaste parc à l'anglaise de 24 hectares et y fit construire un château. Sa petite fille, mariée au comte de Pourtalès y reçut l'élite du Second empire. Il accueille depuis 1975 la Schiller International University. La ferme Bussière (60 hectares) est aujourd'hui le siège du Conservatoire de la forêt rhénane.

Le développement du quartier à la fin du XIXe siècle

L'endiguement du Rhin, pendant la seconde moitié du XIXe siècle, a été déterminant pour le développement de la Robertsau. Les inondations étant moins fréquentes, quelques industries prennent le relai d'activités artisanales et s'implantent dans le faubourg : une fabrique de bougies et la Papeterie de la Robertsau qui remplace un moulin sur le Muhlwasser en 1872 et utilise l'énergie hydraulique. Sa production atteindra 25000 t/an à la fin du XXe siècle, avant de fermer récemment ses portes.

Avec ses cinq récoltes par an, le maraîchage devient un secteur économique majeur grâce à l'apport de nouvelles méthodes de culture plus intensive et l'arrivée de jardiniers de Strasbourg, poussés hors des enceintes par l'urbanisation. À partir du début du XXe siècle, des jardins ouvriers, devenus depuis les jardins familiaux, ont pris le relais. Actuellement le quartier en possède environ 900 sur les 4 800 de la ville.

Avec l'apport de population, de nouveaux secteurs s'urbanisent selon un réseau viaire géométrique de part et d'autre de la rue Boecklin, voie historique structurante du noyau villageois. Ce nouveau tissu urbain se différencie de celui issu des méandres de l'Ill et du Rhin, plus tortueux : les îlots et le parcellaire deviennent réguliers, permettant ainsi l'implantation d'un bâti plus urbain. Ce développement a également apporté une densification le long de la route de la Wantzenau, où les maisons à pan de bois côtoient des édifices urbains.

Cimetière NordEn 1913, Fritz Beblo, architecte de la Ville entreprend la construction du cimetière nord, composition sereine articulée autour d'une pièce d'eau rectangulaire et de bâtiments qui constituent un véritable manifeste architectural, entre classicisme et modernité, à la recherche d'un équilibre entre la ville et l'idée de nature. Après le traité de Versailles, Fritz Beblo ayant opté pour la nationalité allemande, Paul Dopff, son ancien adjoint, poursuivit son œuvre.

Le port aux pétroles

Tout en ayant conservés de vastes espaces agricoles, le faubourg s'est vu adjoindre une activité industrielle après la 1ère guerre mondiale : le port aux pétroles. Suite au déplacement du port sur le Rhin à la fin du XIXe siècle, les infrastructures portuaires n'ont cessées d'être développées. En 1924, les travaux du bassin du port aux pétroles ont débuté au niveau de l'actuel bassin Albert-Auberger. Les travaux comportaient aussi de nouvelles digues de protection contre les crues, des darses et des postes de chargements liés au développement du trafic sur le Rhin.

L'urbanisation depuis 1950

L'après guerre a vu un important développement urbain en bordure du tissu urbain existant : sur 25 hectares, 1 760 logements sociaux ont été construits à la Cité de l'Ill, entre 1958 et 1961. Sa tour Schwab, du nom de son architecte, haute de 16 étages, constitue un repère dans le paysage.

Le quartier de la Robertsau a continué à s'étendre et à se densifier depuis les années 1960 notamment avec un tissu résidentiel au nord et sud-est. Il s'étend jusqu'en bordure des quartiers centraux.

Le Wacken et les institutions européennes

Le quartier du Wacken est une île aussi vaste que l'ellipse insulaire de Strasbourg, entre l'Ill et l'Aar coupée en deux par le canal de la Marne au Rhin depuis 1850. Situé dans le glacis des fortifications dès le XVIIe siècle, il est un lieu de promenades des Strasbourgeois et fait l'objet de projets d'aménagements paysagers à partir de 1835.

Cité Ungemach, Parlement européenAu début du XXe siècle, le secteur du Tivoli a été urbanisé avec des villas à pans de bois, seules autorisées avant la loi de 1922 dans la zone de glacis. Situé à proximité de la place de Bordeaux, nouvelle entrée de la ville depuis la construction de la Neustadt, il en est à sa limite comme la cité Ungemach, qui elle est implantée dans le prolongement de l'Ile Sainte-Hélène entre l'Ill et l'Aar. Cette cité-jardin est une fondation créée par un industriel aux idées familialistes et hygiéniste, qui a fait fortune grâce aux subsistances militaires pendant la première guerre mondiale. Les architectes P. de Rutté et J. Sorg lancèrent les travaux en 1923 sur un terrain mis à disposition par la Ville par bail emphytéotique. Elle est composée de140 pavillons de plusieurs types, entre 100 et 130 m², avec des jardins de 3 à 5,50 ares. Aujourd'hui propriété de la ville, la cité, dont les maisons sont toujours très demandées, est gérée par Habitation moderne.

Le Wacken acquiert une nouvelle vocation d'agglomération depuis l'installation de la Foire-exposition en 1927, devenue Foire européenne en 1933. Cette dernière, et son pendant, le Palais de la musique et des congrès (PMC) font l'objet de projets de restructuration et d'agrandissement.

Un quartier d'affaires sera construit dans les années 1970, suivi des institutions européennes. Le secteur de ces dernières, implanté au sud du canal de la Marne au Rhin, dans le quartier de l'Orangerie, s'étend au Wacken et à la Robertsau avec les constructions du nouveau Palais des Droits de l'Homme en 1995 (architectes R. Rogers & Partners et C. Bucher), du Parlement européen en 1998 appelé également bâtiment Louise Weiss (Architecture Studio Europe), de la Pharmacopée européenne ou Direction européenne de la qualité du médicament en 2007 (architectes Art Building - Denu & Paradon) et de l'Agora du Conseil de l'Europe ou bâtiment de l'administration générale en 2008 (architectes Art and Build - Denu & Paradon).

La mutation de ce secteur se poursuit avec le projet Wacken-Europe.

 
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Mission histoire urbaine
Tél. +33 (0)3 68 98 65 80