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Argos fête dix ans d’expérimentation

Solidarité, santé

Argos fête dix ans d’expérimentation

Solidarité, santé

Publié le 05/10/2026 - Modifié le 05/10/2026

Argos fête dix ans d’expérimentation

Fil d'Ariane

La Halte soins addictions Argos a célébré ses dix ans à Strasbourg. Dix années d’accompagnement des usagers les plus précaires, mais un dispositif qui reste expérimental et dont Ithaque et la Ville demandent aujourd’hui la pérennisation.

Ouverte en 2016 au sein de l’Hôpital civil, Argos est, avec Paris, l’une des deux seules haltes soins addictions de France. En dix ans, elle a enregistré quelque 80 000 passages et accueilli plus de 2600 personnes. Porté par l’association Ithaque, le dispositif permet à des usagers de drogues très précarisés de consommer dans des conditions sécurisées, tout en accédant aux soins et à un accompagnement social. Il est complété par vingt places d’hébergement depuis 2021. Pour le Pr Michel Hasselmann, président d’Ithaque, Argos redonne aussi une place à des personnes souvent reléguées à la marge, accueillies ici « sans jugement de valeur ».

Dix ans après son ouverture, Argos reste pourtant une expérimentation. Prévue initialement pour trois ans et évaluée positivement à plusieurs reprises, elle a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2027. Une nouvelle échéance qui maintient, selon Michel Hasselmann, une « épée de Damoclès » sur le dispositif. Pour Ithaque, l’enjeu est désormais sa pérennisation, recommandée notamment par l’Inspection générale des affaires sociales et l’Inspection générale de l’administration.

La Ville défend elle aussi cette évolution, dans la continuité d’un soutien dépassant les alternances politiques. En juin 2025, Strasbourg s’est associée à dix autres grandes villes pour demander l’inscription de ce dispositif dans la loi. « Accompagner, ce n’est pas encourager », a rappelé Christelle Sturtz-Froehlicher, adjointe à la maire chargée de la santé. Pour l’élue, le lieu permet de recréer un lien avec les professionnels de santé et démontre que « santé publique et sécurité publique ne doivent pas être opposées ».