Agrégateur de contenus

De nouvelles mesures pour prévenir l’abandon de déchets    

Environnement, écologie, climat

De nouvelles mesures pour prévenir l’abandon de déchets    

Environnement, écologie, climat

Publié le 13/05/2025 - Modifié le 13/05/2025

De nouvelles mesures pour prévenir l’abandon de déchets    

Fil d'Ariane

La Ville et l’Eurométropole de Strasbourg accentuent à la fois la prévention et les sanctions pour réduire le volume de déchets dans l’espace public. 

 320 tonnes. C’est le volume de déchets issus de dépôts sauvages ramassés dans l’espace public strasbourgeois en 2024. « Face à la hausse des incivilités, il faut agir plus fort ! Cela appelle de nouvelles mesures », a annoncé Jeanne Barseghian, ce lundi 12 mai. 
La maire de Strasbourg a fait état de sa volonté de passer de la verbalisation pénale à la sanction administrative. Elle prendra d’ici l’été un arrêté municipal permettant d’augmenter le montant des amendes qui sera rapporté au coût réel de traitement des déchets. Aujourd’hui plafonné à 135 euros, le tarif des contraventions pourra aller jusqu’à 15 000 €. « La facturation se fera en fonction du poids et de la nature du dépôt, de l’atteinte à l’environnement et de la dangerosité », a précisé la maire. 
« Nous souhaitons éliminer les hot spots où les dépôts sauvages sont récurrents », a complété Jean-Paul Prève, conseiller eurométropolitain en charge de la propreté. Là, l’interdiction sera matérialisée par des panneaux rappelant les sanctions encourues. Une attention particulière est portée aux quartiers prioritaires de la politique de la Ville où une vingtaine de points de dépôts de sauvage, notamment du fait d’entreprise, ont été identifiés. « Désormais, c’est zéro tolérance ! », a martelé Salah Koussa, adjoint à la maire chargé de la coordination de la propreté urbaine des espaces publics. « Nous voulons agir fort et vite pour inciter les entreprises à se rendre dans les points de collecte. » Les professionnels, comme les particuliers, sont appelés à recourir aux filière REP, pour Responsabilité élargie du producteur. Des éco-organismes proposent, à cet effet, une cartographie des points de dépôts gratuits. À cela s’ajoute la possibilité de faire appel à des associations, comme Emmaüs ou Envie, de se rendre en déchetterie ou encore de solliciter le service enlèvement d’encombrants de la collectivité. 

Un axe sans mégots

En matière de déchets polluants, les mégots sont un véritable fléau : un seul suffit à polluer 500 litres d’eau. L’Eurométropole entend réduire de 35% leur présence sur l’espace public d’ici 2027. Une stratégie de sensibilisation menée dans huit zones tests, et couronnée de succès, va être élargie sur un axe allant de la Gare à Rivétoile. Un courrier a été adressé aux commerçants disposant d’une terrasse et des kits de sensibilisation leur seront distribués en partenariat avec l’UMIH et les Vitrines de Strasbourg. 3000 chevalets de table sont mis à disposition, 6000 sous-bocks et 14 500 cendriers de poche. « Une étape doit être absolument franchie pour intégrer que jeter les mégots par terre n’est plus acceptable », réclame Joël Steffen, adjoint au commerce. 250 cendriers urbains ont été installés dans les lieux où se concentrent les fumeurs, et toutes les corbeilles publiques situées dans des lieux où il est autorisé de fumer sont désormais équipées d’éteignoirs. Les commerçants sont aussi mobilisés par l’Eurométropole et la Ville pour lutter contre l’abandon d’emballages, principalement issus de la restauration rapide avec laquelle des actions spécifiques ont déjà été engagées et seront élargies. 
Au rang des incivilités urbaines, les déjections canines figurent, enfin, parmi les plus déplaisantes. Cinq millions de canisac ont été mis à disposition des propriétaires de chien(s) en 2024 dans 238 points de distribution. Les maîtres réfractaires encourent 135 euros d’amende, qui peut être délivrée par la police municipale ou par l’éco-brigade, spécialement formée à la lutte contre l’abandon des déchets et les dépôts sauvages. Les agentes et agents de la propreté urbaine sont, eux, mobilisés 7j/7 dès 5h du matin. Ils ont collecté 8316 tonnes de déchets en 2024. 


Anne Dory
Photos Jérôme Dorkel