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Des trajectoires budgétaires à redresser

Vie politique et démocratique

Des trajectoires budgétaires à redresser

Vie politique et démocratique

Publié le 21/09/2026 - Modifié le 21/09/2026

Des trajectoires budgétaires à redresser

Fil d'Ariane

Les élus ont présenté vendredi 18 septembre les résultats d’un audit externe commandé au printemps afin de connaître la situation budgétaire de la Ville et de l’Eurométropole après le mandat 2020-2026. Celui-ci révèle des indicateurs financiers très dégradés et la nécessité d’engager une trajectoire de redressement.

La situation est grave et nécessite d’agir rapidement. C’est en substance le message délivré ce vendredi 18 septembre lors de la présentation à la presse des audits réalisés sur les finances de la Ville de Strasbourg et de l’Eurométropole. Cet exercice de diagnostic indépendant, que Catherine Trautmann, maire de Strasbourg et présidente de l’Eurométropole, a présenté comme « éclairant et nécessaire », démontre qu’il est urgent d’agir pour construire une nouvelle trajectoire financière sur le mandat à venir. « Le sérieux budgétaire n’est pas une fin en soi : il est la condition de notre liberté d’action, de notre capacité à répondre aux attentes des habitants et à investir », a-t-elle souligné.

Remettre en cohérence investissements et capacités financières

Les indicateurs scrutés concernent le niveau d’épargne, le volume de la dette et la capacité de désendettement. Des chiffres qui ne sont pas seulement des ratios financiers mais qui déterminent les possibilités d’action d’une collectivité, pour assumer ses dépenses en investissement comme en fonctionnement. À la Ville, la dette a augmenté de 253 M€ en six ans, soit +105 %. Les intérêts de la dette sont passés de 2,3 M€ en 2020 à 11,7 M€ en 2026 et la capacité de désendettement, de 5,8 ans en 2020, dépasserait les 21 ans en 2026, bien au-delà du seuil d’alerte de 12 ans. 

Dans le même temps, l’épargne nette est devenue négative. Or, c’est ce qui permet d’investir. « Le voyant rouge s’est allumé », résume Mathieu Cahn, premier adjoint à la maire chargé des finances. Pour lui, l’enjeu est désormais de remettre en cohérence le volume d’investissement avec les capacités financières de la Ville. Le plan pluriannuel d’investissement (PPI) liste 1,36 milliard d’euros de projets, alors que seuls quelques 600 M€ d’investissements sont compatibles avec une trajectoire soutenable. 
Globalement, l’effort de redressement est évalué entre 35 et 40 M€ par an, des économies à dégager sur le budget de fonctionnement afin de restaurer l’épargne et retrouver une capacité durable à investir.

« Un point de départ »

Vice-présidente de l’Eurométropole chargée des finances, Caroline Barrière dresse également le constat d’une trajectoire en cours de dégradation. La dette métropolitaine du budget principal est passée de 579 M€ en 2020 à 911 M€ prévus fin 2026, soit +57 %, tandis que les intérêts ont plus que doublé. Le PPI représente 1,8 milliard d’euros, contre une capacité d’investissement soutenable estimée à environ 1 milliard d’euros. Pour Caroline Barrière, « l’audit doit être un point de départ » pour restaurer les marges de manœuvre, avec un effort nécessaire évalué à près de 45 M€ par an.
Une nouvelle étape s’ouvre donc. La Ville et l’Eurométropole vont réexaminer leurs dépenses, leurs recettes et leurs programmes d’investissement, rechercher des économies et de nouvelles recettes et mobiliser leurs partenaires. Les projets seront priorisés au regard de leur utilité sociale, environnementale et économique et des capacités financières des collectivités. 

Nouveaux PPI

Ce travail sera mené dans les prochaines semaines avec les élus et les services pour préparer le budget primitif 2027 et définir de nouveaux PPI soutenables pour le mandat. « Nous allons devoir faire des choix, avec méthode, sans brutalité, dans le dialogue et dans la transparence », résume Catherine Trautmann.
Les audits financiers complets de la Ville de Strasbourg et de l’Eurométropole seront prochainement disponibles dans la rubrique Politiques publiques du site Strasbourg.eu.

Photos: Jérôme Dorkel