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Garantir le droit au logement à Strasbourg

Garantir le droit au logement à Strasbourg

Motion au Conseil municipal du lundi 20 avril 2026

À Strasbourg, plusieurs centaines de personnes vivent à la rue. Parmi elles, des dizaines d’enfants, qui se réfugient nuit après nuit dans des squats, des voitures, sous des tentes. La situation du campement de Krimmeri est à cet égard particulièrement symbolique de la défaillance de l’État dans ses missions de protection des populations les plus vulnérables, notamment par la mise en œuvre de l’hébergement d’urgence.

Installé depuis septembre 2025 sur les parkings situés de part et d’autre de l’intersection de la route de la Fédération et de l’avenue de Colmar, le campement n’a pas pris fin avec le démantèlement opéré le 8 janvier par la préfecture du Bas-Rhin.

Une partie des occupant.es, qui n’a pas été prise en charge, est demeurée sur le site, pour être rejointe au fil des semaines par d’autres arrivant.es, pour certain.es remis.es à la rue par la préfecture. Voilà donc sept mois qu’il fait partie intégrante de notre paysage urbain, qu’il est visible de tout.es strasbourgeois.es empruntant l’avenue, de tout.es touristes rejoignant le centre-ville par le tram, des supporters et supportrices venant assister à un match de football au Stade de la Meinau voisin, ou encore des élèves du lycée Couffignal dont l’enceinte jouxte le parking.

À la mi-avril, le campement regroupait de façon permanente environ quatre-vingt personnes, principalement des familles, qui comptent au moins vingt-six enfants mineurs, dont cinq d’entre eux n’ont pas encore atteint l’âge de trois ans. Les plus jeunes sont fréquemment malades et plusieurs ont été récemment hospitalisés (toux incessantes, troubles digestifs, éruptions cutanées). Depuis la mi-janvier, le campement est ceinturé de grilles en raison des travaux qui ont débuté sur le parking – travaux qui se déroulent à quelques mètres des tentes, rendant le site particulièrement bruyant et de surcroit dangereux pour les enfants. La récente fermeture à la circulation de la route de la Fédération rend le campement de plus en plus inaccessible aux citoyen.nes motorisé.es qui apportent un soutien logistique aux occupant.es :

  • Bois de chauffage, palettes pour isoler les tentes, packs d’eau, vêtements, nourriture.

Le campement grossit et la situation se dégrade semaine après semaine, alors que les appels au 115 se soldent immanquablement par des réponses négatives pour les familles.

Le 26 mars dernier, à l’occasion de l’installation imminente du nouveau Conseil municipal, des acteurs de la solidarité faisaient part dans une lettre ouverte aux élu.es de leur profonde inquiétude face à la situation du sans-abrisme et les appelaient à agir, là où la préfecture du Bas-Rhin refuse de le faire. Par cette motion, le Conseil municipal entend cet appel. La ville de Strasbourg s’engage à prendre sa part de responsabilités pour garantir de façon pérenne ce droit fondamental qu’est le droit au logement, notamment :

  • En assurant la continuité de la prise en charge des familles mises à l’abri au cours de la précédente mandature.
  • En réalisant un inventaire complet d’ici la fin de l’année du patrimoine municipal incluant l'état réel des lieux et les travaux qui seraient nécessaires pour leur mobilisation afin de proposer des solutions d’hébergements d’urgence et d’hébergements transitoires. Dans un esprit de transparence cet inventaire sera rendu public.
  • En renouvelant avec fermeté et détermination la volonté d’une mise en œuvre d’un plan d’action global de lutte contre le sans-abrisme en partenariat avec l’Eurométropole, la préfecture du Bas-Rhin et la Collectivité européenne d’Alsace.