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Publié le 26/01/2024 - Modifié le 26/01/2024

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Un jardin mémoriel pour les victimes de la Shoah

Culture Urbanisme, logement Travaux

Le square de l’ancienne synagogue sera réaménagé et abritera notamment un mur avec les noms des victimes bas-rhinoises du nazisme.

"Mon père venait prier dans cette synagogue et me parlait avec émotion de l’odeur du bois", se souvient Thierry Roos. Ancien président du consistoire israélite du Bas-Rhin, il est impliqué, depuis l’origine, dans le projet de jardin mémoriel qui occupera bientôt l’espace de l’ancienne synagogue, incendiée en 1940 par les nazis. 
Au pied des Halles, et en surplomb de l’allée des Justes, le futur jardin abritera la maquette en bronze de l’ancien édifice, qui se trouve pour l’instant dans le quartier des Contades, ainsi qu’un mur portant les noms des victimes bas-rhinoises de la Shoah. Au moins 2500 noms y seront inscrits : ceux des déportés et fusillés, des morts en camp d’internement ou de transit, et également des survivants. "C’est un travail titanesque", confie Nicolas Laugel, étudiant en histoire chargé d’établir l’inventaire exhaustif de ces victimes du nazisme. Pour y parvenir, il se plonge dans les archives départementales et municipales et exhume les listes de recensement, où figurait la confession jusqu’à 1945, les fiches domiciliaires, les fiches d’évacuation, puis les croise avec celles déjà existantes des victimes, à commencer par celle du mémorial de Yad Vashem, situé à Jérusalem.

Un lieu de vie

"Nous avons la responsabilité de lutter contre l’oubli de cette histoire", a martelé Jeanne Barseghian, condamnant la recrudescence des actes antisémites. Dévoilant ce projet dans le cadre des actions célébrant, le 27 janvier, la Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité, la maire de Strasbourg a salué le "travail de longue haleine mené main dans la main avec le consistoire israélite". Travail qui aboutira à faire de cet endroit "à la fois un lieu de mémoire et de vie", assure Maurice Dahan, président du consistoire israélite du Bas-Rhin. 
Avec des bancs et assises, l’espace sera propice au repos. Il sera aussi largement végétalisé, malgré les difficultés rencontrées par les services de la ville pour verdir ce lieu très minéral. "Un jeu de couleurs permettra, grâce aux espèces végétales, de créer cet esprit mémoriel, précise Pierre Ozenne, adjoint à la maire en charge des espaces publics partagés. Les plantes jaunes et rouges symboliseront le feu, et les plantes bleues représenteront la vie. Les contours de l’ancienne synagogue seront matérialisés au sol." Les travaux, dont le coût de 500 000 euros sera pris en charge par la Ville, commenceront cet été et s’achèveront début 2025.

Anne Dory
Photos : Laetitia Piccarreta