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Motion pour le maintien du siège français d'Adidas en Alsace et à Strasbourg

Motion au Conseil de l'Eurométropole de Strasbourg du mardi 28 juin 2022

Le 30 mai dernier, la presse révélait que la branche française de la société d’équipements sportifs Adidas avait engagé une réflexion avec la perspective de regrouper ses deux sièges sociaux de Paris et Strasbourg sur un seul et unique site parisien.

Implantée depuis 1959 en Alsace, à Dettwiller puis à Landersheim, c’est à partir de notre région que la marque a connu son véritable essor mondial avec la fabrication et la commercialisation de la Stan Smith et de la Superstar, les deux modèles de baskets les plus vendus encore à ce jour. Au plus fort de cette implantation, 2000 employés alsaciens travaillaient pour Adidas.

L’entreprise avait fait le choix en 2015, grâce à l’action des collectivités locales et dans un dialogue nourri avec la précédente équipe de direction, d’installer une partie de son siège français à Strasbourg, capitale régionale et capitale européenne des droits humains, pour conserver cet ancrage historique et préserver les emplois liés. 2015 est également l’année où adidas a bénéficié de l’accompagnement des collectivités et de l’ADIRA, et de l’aide publique du CICE (Crédit d’Impôt pour la compétitivité et l’emploi), qui s’est depuis pérennisé en baisse de cotisations patronales.

Quatre ans seulement après l’inauguration du bâtiment situé au cœur du quartier Archipel, face au Parlement européen, dont deux très impactés par la crise sanitaire liée à la Covid, cette décision, si elle se confirme, serait totalement inexplicable et devrait être reconsidérée.

Les salariés, à l’occasion d’une manifestation le 21 juin 2022, ont également rappelé leur attachement au site de Strasbourg et leur opposition à une recentralisation parisienne.

Outre le risque social majeur qu’une telle décision, prise dans l’opacité et sans concertation sérieuse, entraînerait pour les emplois locaux, ce choix, très discutable, porterait un grave préjudice d’image au territoire comme à l’entreprise, à l’approche des JO de 2024.

Les collectivités locales, Ville de Strasbourg, Eurométropole de Strasbourg, Collectivité européenne d’Alsace et Région Grand Est, par la voix de leurs exécutifs, ont manifesté à plusieurs reprises leur opposition ferme à cette décision, si elle était confirmée. Elle serait incompréhensible et inacceptable vis-à-vis des salariés, de l’héritage de l’entreprise sur le territoire et du travail effectué par les collectivités pour maintenir Adidas en Alsace.

Décidées à maintenir ce siège social, les collectivités ont demandé à adidas d’examiner toutes les alternatives, notamment en matière de lieu et d’espace de travail pour les salariés, permettant de maintenir les emplois à Strasbourg. Elles se tiennent prêtes à accompagner et soutenir l’entreprise dans cette démarche et ne comprendraient que cette proposition ne soit pas examinée par Adidas. 

En conséquence, l’Eurométropole de Strasbourg :

  • réaffirme son opposition ferme et définitive au départ d’Adidas vers Paris,
  • demande à Adidas de renoncer à la réflexion menée par l’entreprise en vue de regrouper ses activités de siège sur un seul site à Paris,
  • témoigne de sa solidarité les salariés engagés contre la perspective d’une fermeture du siège strasbourgeois d’Adidas,
  • se tient prête à accompagner et soutenir l’entreprise pour examiner toutes les alternatives permettant de maintenir les emplois à Strasbourg,
  • demande au gouvernement et à l’Etat de se mobiliser aux côtés des collectivités pour préserver ces emplois en Alsace.