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Feu vert à une station d’épuration unique au sud de l’Eurométropole

Environnement, écologie, climat, Travaux

Feu vert à une station d’épuration unique au sud de l’Eurométropole

Environnement, écologie, climat, Travaux

Publié le 20/06/2025 - Modifié le 20/06/2025

Feu vert à une station d’épuration unique au sud de l’Eurométropole

Fil d'Ariane

Engagé en 2018, le projet de construction d’une station d’épuration dans le sud de l’agglomération, en remplacement de celles de Fegersheim, Plobsheim et Geispolsheim, a reçu un avis favorable à la déclaration d’utilité publique. Le conseil de l’Eurométropole du 27 juin devrait ouvrir la voie à sa réalisation.

Alors que la plupart des communes de l’Eurométropole voient leurs eaux usées traitées par la station d’épuration de La Wantzenau, au nord de l’agglomération, trois d’entre elles, Plobsheim, Fegersheim et Geispolsheim, situées au sud, gèrent leur propre équipement. Lesquels, pour ces deux dernières, drainent également les eaux d’Eschau, Entzheim et Lipsheim. Des stations conçues dans les années 1980 qui ne répondent plus ni aux normes, ni aux dimensions de communes qui continuent à se développer.
La question des normes a été solutionnée en envoyant par canalisations les eaux une fois traitées vers la Wantzenau où leur conformité est assurée par un ultime traitement. Avec ce problème qu’en traversant l’agglomération, il arrive « qu’on sature les autres communes qu’on traverse », explique Thierry Schaal, vice-président de l’Eurométropole en charge de l’eau et de l’assainissement et maire de Fegersheim. D’où le projet de créer une nouvelle station d’épuration qui remplacerait les trois autres « pour des raisons de performance et de maintenance », poursuit l’élu.
D’une emprise de 6 hectares, le site retenu sur le ban communal d’Illkirch-Graffenstaden se trouve à moins d’un kilomètre de la station de Fegersheim, sur la rive droite de l’Ill. Outre son éloignement des habitations, c’est la capacité d’absorption de l’affluent du Rhin qui a été privilégiée quand le débit des trois cours d’eau reliés aux stations actuelles est nettement inférieur. Le vote des conseillers métropolitains, s’il est positif le 27 juin, devrait ouvrir la voie, début 2026, à l’appel d’offres pour un concessionnaire. 

Démolition des trois stations actuelles

Le coût du projet, dont la mise en service est espérée pour 2029, est estimé à 38,88 millions d’euros hors taxes. La station d’épuration sera dimensionnée pour traiter une charge de pollution « par temps sec » de près de 40 000 équivalents/habitants au départ et de près de 50 000 à l’horizon 2070. L’investissement comprend la construction de près de 6 kilomètres de réseaux et la démolition des trois sites existants qui conserveront néanmoins leur station de pompage.
Bien que la future station d’épuration soit de taille moyenne comparée à celle de la Wantzenau, elle permettra de mettre en œuvre une nouvelle filière de traitement des boues pour une production de biogaz. Sera par ailleurs expérimentée une zone de rejet végétalisée permettant une épuration naturelle. Elle proposera enfin un parcours pédagogique pour les scolaires qu’il est plus difficile de créer dans la grande usine qu’est devenue la station de la Wantzenau. « L’objectif de tout ça, c’est de réduire l’impact de l’humain sur le milieu naturel », souligne Thierry Schaal.
Il est aussi prévu de prélever, après un traitement complémentaire, une partie des eaux traitées pour les nettoyages du site ou un usage industriel. « Elle n’a pas le statut d’eau potable, par contre elle peut être utilisée pour un tas d’usages, en particulier industriels » précise Philippe Reydon, chef du service Eau et assainissement à l’Eurométropole.

Gilbert Reilhac
Photo Elyxandro Cegarra