Éditeur d'actif

Opération sauvetage dans les réserves naturelles

Environnement, écologie, climat

Opération sauvetage dans les réserves naturelles

Environnement, écologie, climat

Publié le 09/09/2026 - Modifié le 09/09/2026

Opération sauvetage dans les réserves naturelles

Fil d'Ariane

Rocky, une jeune femelle putois, probablement heurtée par un vélo, a été soignée pendant plusieurs semaines avant de faire son retour à la vie sauvage dans la forêt de la Robertsau.

C’est la belle histoire de l’été. Trouvée mourante dans la réserve naturelle nationale de la Robertsau en juillet, une jeune femelle putois a pu être remise sur pieds puis rendue à la liberté le 8 septembre. “J’ai entendu les feuilles bouger, je me suis approché et je l’ai vue, se souvient Martin Marchand, gardien des réserves. Elle était dans un sale état, elle avait déjà des larves de mouches partout dans son pelage.“ 

A la Robertsau, comme dans les deux autres réserves naturelles nationales situées sur le territoire strasbourgeois, la forêt est en libre évolution. “Ici, l’humain se met en retrait, c’est toujours un dilemme quand on trouve un animal blessé : faut-il intervenir ou pas ?” Pour l’équipe d’agentes et agents œuvrant dans les réserves, la règle est la suivante : seul un impact humain avéré, ou un spécimen issu d’une espèce à enjeu, justifient le sauvetage. “Je l’ai trouvé au bord d’une piste cyclable, on pense qu’elle a été bousculée par un vélo car c’est une espèce farouche qui se tient à distance de l’activité humaine”, explique le gardien qui a donc pris la décision de lui venir en aide. L’animal âgé alors de quelques semaines seulement, a été transféré au centre de soins de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) à Rosenwiller où il a été hébergé pendant cinq semaines. Baptisé Rocky par son sauveteur, en référence au célèbre personnage de boxeur, en raison de ses yeux tuméfiés, le putois a d’abord été nourri au biberon puis sevré progressivement.

Un protocole strict

La remise en liberté de la jeune femelle obéit à un protocole strict élaboré par le centre de soins.  “Nous avons cherché une zone humide avec des arbres à cavité où elle pourra loger, le putois est un très bon grimpeur”, précise Martin Marchand. Omnivore, le mustélidé se nourrit principalement de rongeurs et apprécie également les amphibiens, un beau garde-manger l’attend donc dans cette partie de la forêt. Les menuisiers de la collectivité lui ont fabriqué un petit abri en bois, qui lui servira sans doute de refuge pour quelques temps, c’est là que les agentes et agents se relaieront bénévolement pendant 11 semaines pour lui déposer de la nourriture quotidiennement puis de manière plus espacée. Au moment d’y pénétrer, Rocky a un peu hésité, reniflé une dernière fois Martin Marchand, et s’est finalement décidée à entrer. “Nous espérons qu’aucun chien ne viendra compromettre son retour à la vie sauvage. Il est interdit de lâcher les chiens dans les réserves, malheureusement les infractions sont quotidiennes”, regrette le gardien. Si tout se passe bien, l’instinct de chasseuse de Rocky devrait rapidement se réveiller. Un piège photographique a été posé à proximité de son abri pour suivre ses progrès.

Anne Dory
Photos Philippe Stirnweiss