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Soutien à l'agriculture locale pour une vraie souveraineté alimentaire et des revenus dignes pour les agriculteur·rices

Soutien à l'agriculture locale pour une vraie souveraineté alimentaire et des revenus dignes pour les agriculteur·rices

Motion au Conseil municipal du lundi 2 février 2026

Notre agriculture fait face à des défis majeurs qui menacent sa pérennité et notre souveraineté alimentaire, notre capacité à nous nourrir sainement et localement sans nuire à d’autres territoires. Aujourd’hui, de nombreux agriculteur·rices ne parviennent plus à vivre de leur travail, une situation aggravée par la récente épidémie de dermatose nodulaire qui pèse sur les élevages. Par ailleurs, le modèle agricole actuel favorise le gigantisme des exploitations, sans garantir des prix rémunérateurs aux agriculteurs ni réduire les émissions de gaz à effet de serre.

À ces crises s’ajoute la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur, qui menace d’asphyxier encore plus les filières agricoles à taille humaine. Cet accord, en encourageant l’exportation agricole massive, entraînerait la déforestation conséquente de l’Amazonie et le rejet de pesticides et d’autres polluants dans l'environnement, y compris de substances interdites au sein de l’Union Européenne.

En mettant en concurrence les agriculteur·rices européen·nes et sud-américain·es, cet accord fait le choix du sacrifice de nos filières d’agriculture locale et paysanne au profit d’un modèle productiviste qui ne sert que les grandes industries. L’alimentation ne doit pas être soumise au libre-échange et aux logiques marchandes qui aggravent l’insécurité sanitaire, alimentaire et sociale.

Dans ce contexte, la Ville de Strasbourg est l’une des rares collectivités de la région à soutenir son agriculture locale avec autant d’ampleur grâce notamment à une politique partenariale ambitieuse avec la profession agricole.

Dans nos cantines où près de 14 000 repas sont servis chaque jour, les critères imposés par la loi EGalim sont très largement dépassés : 53 % de produits bio (contre 20 % exigés), près de 50 % des approvisionnements auprès de producteurs locaux, des politiques ambitieuses comme l’ordonnance verte, l'accompagnement de nouvelles filières agricoles comme celles des légumineuses (150 hectares dédiés sur la métropole).

Ces actions prouvent qu'il est possible de garantir des débouchés stables et rémunérateurs aux producteurs tout en offrant une alimentation de qualité. En effet, la loi EGalim permet aux collectivités d’orienter leur politique vers une alimentation plus durable et locale, mais elle n’est pas assez contraignante ni suffisamment valorisée dans les politiques alimentaires et agricoles nationales.

En conséquence, le conseil municipal de Strasbourg demande solennellement au Gouvernement français et aux autorités européennes de :
- permettre aux agriculteur·rices de vivre sereinement de leur profession, notamment en favorisant l’installation de nouveaux jeunes agriculteur·rices, en fixant des prix rémunérateurs pour les agriculteur·rices, en régulant les marges de la grande distribution alimentaire ou en valorisant les services environnementaux rendus par les agriculteur·rices,
- fournir aux collectivités les moyens législatifs, techniques et financiers de soutenir les agriculteur·rices du territoire,
- maintenir la pression diplomatique pour que la Commission européenne ne déclenche pas une mise en oeuvre de l’accord de traité UE-Mercosur avant son examen par la Cour de Justice de l’Union européenne,
- peser dans les négociations autour de la feuille de route 2028-2034 de la PAC (Politique Agricole Commune de l’Union européenne) pour qu’elle cesse de favoriser un modèle exportateur financiarisé sous perfusion d’intrants russes, chinois et indiens, pour enfin soutenir une véritable souveraineté agricole et alimentaire européenne,
- soutenir le plaidoyer de nombreuses collectivités européennes, dont Strasbourg (via
France urbaine), qui appellent à une exception alimentaire dans les règles européennes régissant leurs appels d’offres,
- écouter toutes les voix vétérinaires et paysannes pour résoudre les crises sanitaires successives dans les élevages.

Le conseil municipal de Strasbourg appelle l'ensemble des acteurs publics du territoire (Eurométropole de Strasbourg, Collectivité européenne d'Alsace, Région Grand Est, établissements publics, hôpitaux, universités) à :
- agir de manière exemplaire et dans la pleine mesure des obligations prévues par la loi EGalim, afin de protéger et soutenir les agriculteur·rices du territoire,
- renforcer leurs politiques d’achats publics en faveur de l’agriculture locale, notamment en intégrant des clauses sociales et environnementales.
Par cette motion, le Conseil municipal de Strasbourg affirme sa solidarité totale avec le monde agricole et appelle à une mobilisation générale pour construire un modèle agricole et alimentaire juste, durable et résilient.

 

Adopté le 2 février 2026 par le Conseil Municipal
Rendu exécutoire après transmission au contrôle de légalité préfectoral le 5 février 2026 et publication sur le site Internet www.strasbourg.eu le 9 février 2026