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Strasbourg s'engage aux côtés des associations féministes et infantistes pour la protection des victimes de violences sexistes et sexuelles

Strasbourg s'engage aux côtés des associations féministes et infantistes pour la protection des victimes de violences sexistes et sexuelles

Motion au Conseil municipal du lundi 28 septembre 2026

160 000 : c'est le nombre d'enfants victimes chaque année d'inceste, de viol ou d'agression sexuelle en France.

7,4 millions : c'est le nombre de Françaises et de Français qui déclarent avoir subi l'inceste.

Ces chiffres, déjà glaçants, masquent pourtant une réalité bien plus vaste encore : celle de toutes celles et ceux qui ne peuvent pas ou n'osent pas parler.

Alors même que nous faisions ce constat et que l'urgence absolue avait été levée, un drame insoutenable nous a tous frappés : la mort de la jeune Lyhanna. Elle avait 11 ans. Elle a été tuée par son violeur, alors même que des alertes répétées avaient été données et que des plaintes avaient été déposées.

Devant cette faillite, la mobilisation citoyenne ne s'est pas fait attendre. Chaque lundi, des citoyennes et des citoyens se sont rassemblés devant le tribunal judiciaire de Strasbourg. Leur exigence était claire : faire inscrire la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.

Cette loi n'est pas un texte théorique : elle est le fruit d’un travail de longue haleine et d'une co‑construction rigoureuse avec les associations féministes et infantistes. Elle s’est directement nourrie du vécu et du parcours des victimes pour refonder en profondeur nos politiques de prévention, d'alerte et de protection.

Aujourd’hui, alors que nous siégeons au sein de ce Conseil municipal, cette proposition de loi est examinée en commission spéciale à l'Assemblée nationale, avant son examen en séance publique le 1er octobre.

Ce texte est une avancée historique, ardemment attendue. Pourtant, une menace pèse sur son effectivité : l'absence de moyens dédiés. La crainte légitime des associations comme des personnes mobilisées est de voir voter une loi dénuée de tout budget.

Les collectivités territoriales, et notre ville au premier chef, sont pourtant au cœur de cette bataille : nous assurons la prévention, la formation des professionnelles et professionnels de terrain, le repérage des enfants en danger et leur mise en sécurité dans nos crèches, nos écoles et nos temps périscolaires. Cette loi, c'est aussi notre loi, pour nos habitantes et habitants.

Nous le disons alors avec fermeté : il n'y aura pas de loi intégrale sans un budget intégral.
Par le vote de cette motion, la ville de Strasbourg :

  • Appelle l'État et le Parlement à affecter des moyens budgétaires réels, massifs et pérennes à la mise en œuvre de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles ;
  • Apporte tout son soutien aux mobilisations citoyennes et aux associations de défense des droits des victimes qui se battent pour cette avancée républicaine ;
  • S'engage à poursuivre et amplifier ses actions locales de formation, de détection précoce des signaux d'alerte et d'accompagnement financier et partenarial des associations engagées pour la protection de l'enfance sur notre territoire.

 

Adopté le 28 septembre 2026 par le Conseil Municipal
Rendu exécutoire après transmission au contrôle de légalité préfectoral le 2 octobre 2026 et publication sur le site Internet www.strasbourg.eu le 5 octobre 2026