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Vers une forêt résiliente

Environnement, écologie, climat

Vers une forêt résiliente

Environnement, écologie, climat

Publié le 07/01/2026 - Modifié le 07/01/2026

Vers une forêt résiliente

Fil d'Ariane

Les services de la Ville ont réuni l’ensemble des acteurs et actrices du massif de l’Oedenwald pour réfléchir à son avenir et à sa capacité d’adaptation.

C’est un groupe pour le moins hétéroclite qui s’est penché sur le futur du massif de l’Oedenwald. Pendant neuf mois, chasseurs, naturalistes, bûcherons, sylviculteurs, agents de l’ONF et randonneurs, entre autres, ont participé à une démarche inédite pour réfléchir au devenir de cette forêt, propriété de la Ville de Strasbourg, située entre Still et Wasselonne. "Nous avons souhaité réunir tous les acteurs et actrices pour réfléchir à l’évolution de la forêt dans le contexte de changement climatique et tester sa capacité de résilience", explique Cécile Paul, responsable adjointe du département Espaces naturels de la Ville. Ensemble, les parties prenantes ont été amenées à s’accorder sur une gestion adaptée en fonction des parcelles et notamment sur la possibilité de laisser certaines d’entre elles en libre évolution, c’est-à-dire sans aucune intervention humaine. "On ne sait pas comment les essences vont évoluer, donc on ne peut pas miser sur une gestion uniforme. L’objectif est d’avoir un milieu diversifié et, en effet, de tester la libre évolution en partant du principe que ce qui a été sélectionné naturellement a de meilleures chances de résister", précise Carole Bastianelli, cheffe du service Espaces verts et de nature. Pour mener cette expérience, le choix s’est porté sur le massif de l’Oedenwald, qui bénéficie historiquement d’une gestion multifonctionnelle et respectueuse du fonctionnement naturel des écosystèmes.

Croiser les regards

De mars à novembre, six ateliers participatifs, réunissant une vingtaine de participantes et participants, ont été organisés par les services de la Ville. "Cela a le mérite d’engager le dialogue entre des personnes qui ne se parlaient pas avant pour la plupart. Par ce travail collectif, nous souhaitons parvenir à une vision collective de l'avenir de cet espace", souligne Amandine Dupin, chargée de faciliter l'ensemble de la démarche et d’animer les ateliers. Certains ont eu lieu directement au cœur de cette forêt de 1000 hectares pour croiser les regards. "Le contexte de dérèglement climatique et d'effondrement de la biodiversité a amené les participantes et les participants à se projeter sur le long terme avec humilité, pour concilier au mieux les fonctions économiques, sociales, écologiques de la forêt", poursuit Cécile Paul.

12% en libre évolution

Au terme du processus, cette "communauté forêt" a discuté des orientations de la gestion avec un passage immédiat en libre évolution de 12% du massif, soit 189 hectares, et un passage différé pour 6%. 15% de la forêt évolueraient vers encore plus de naturalité et quatre parcelles de tourbières (20 hectares) pourraient faire l’objet d’une restauration écologique. La gestion actuelle serait maintenue sur 35% du massif. La poursuite de la chasse est envisagée sur l’ensemble des parcelles mais les modalités restent à définir. "Le travail continuera pour définir le processus menant à plus de naturalité et sur le suivi de la libre évolution. La transformation des métiers de bûcherons-sylviculteurs sera également à accompagner", anticipe Carole Bastianelli. Une délibération rassemblant les points faisant l’objet d’un consensus sera soumise au vote du conseil municipal au mois de février.

Anne Dory

Photos Jérôme Dorkel