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Publié le 01/12/2023 - Modifié le 01/12/2023

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Jeunesse : des chantiers pour éviter la rupture

Enfance, éducation Solidarité, santé

Dans le cadre des missions de prévention spécialisée confiées par l’Eurométropole, l’association Jeep propose à des jeunes issus des QPV de participer à des chantiers le temps de quelques jours. L’occasion d’élargir leurs horizons.

Avant de pouvoir accueillir des familles accompagnées par l’association Foyer Notre-Dame, cet appartement trois pièces situé dans le quartier Gare avait besoin d’un rafraîchissement. En accord avec le bailleur social Sedes Habitat, l’association a proposé que ces travaux fassent l’objet d’un chantier éducatif. Ce sont donc des jeunes suivis par l’association Jeep (Jeunes équipes d’éducation populaire) qui manient le rouleau et la spatule à mastic.
"Les chantiers éducatifs n’ont pas pour vocation principale de faire découvrir un métier, mais ils sont des occasions fantastiques pour amener les jeunes à développer leur savoir-être et à renforcer la relation avec leurs éducateurs", apprécie Alann Gabellec-Vollmer, qui coordonne cette action au sein de l’association Jeep.

Résultat concret

Ce suivi s’intègre dans le champ de la prévention spécialisée, un volet de la protection de l’enfance qui vise à éviter la rupture sociale de jeunes en difficultés, notamment dans les QPV. Cette compétence habituellement dévolue aux départements incombe à l’Eurométropole de Strasbourg sur son territoire. Cinq acteurs associatifs spécialisés ont été désignés par la collectivité pour remplir cette mission, dont la Jeep qui bénéficie d’une dotation annuelle globale d’1,7 million d’euros à ce titre. "Nous nous appuyons sur leur expertise pour remettre les jeunes en mouvement et ouvrir leurs horizons", souligne Pia Imbs, la présidente de l’Eurométropole, à l’occasion d’une visite sur ce chantier.
"Cette semaine, c’est un groupe du Neuhof qui intervient : leur éducatrice spécialisée participe aux travaux avec eux", détaille Alann Gabellec-Vollmer. Un chantier correspond à un volume de 16 à 20 heures, pour lesquelles les jeunes sont rémunérés. En petit groupe et en lien étroit avec les professionnels qui les encadrent, ils peuvent observer le résultat concret de leur travail au cours de la semaine. "C’est mon deuxième chantier, j’apprécie de travailler en autonomie et de voir mes tâches avancer", glisse Moukhamed, 18 ans. "J’ai pu constater qu’il parvenait bien à structurer son temps et à être méthodique dans sa façon de travailler, confirme Mathieu Bréchard, l’éducateur technique spécialisé qui encadre ce chantier. Je peux lui donner une pièce en entier à réaliser seul."

Multiplier les terrains

Les chantiers sont aussi l’occasion pour les professionnels de découvrir d’autres facettes des jeunes. Ainsi, Erdem, 17 ans, a pu confier sa passion pour la photographie à son éducatrice lors d’un précédent chantier. "C’est ce que je préfère : être patient, minutieux, pour parvenir à capturer des instants", explique-t-il. La Jeep lui a donc proposé de participer au chantier, mais en tant que photographe, et lui a prêté du matériel. "J’ai décroché de l’école depuis longtemps… Ici, j’apprécie de pouvoir prendre le temps de réaliser un projet correctement. Je commence à réfléchir à des formations", poursuit-il avec un grand sourire.
"Les chantiers éducatifs font la preuve de leur intérêt dans le cadre de la prévention spécialisée, conclut Pia Imbs. C’est un outil que nous aimerions voir se développer."Grâce au contrat de ville, la collectivité peut proposer plusieurs terrains d’action : espaces verts, réserves naturelles, missions d’accueil, rénovation d’écoles, etc. qui complètent les chantiers immobiliers proposés par les bailleurs.


Lisette Gries
Photos Philippe Stirnweiss