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Publié le 20/12/2023 - Modifié le 20/12/2023

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Le Marché de Noël limite son impact environnemental

Culture Environnement

Pour la première année, les exposants sont invités à trier leurs déchets : un effort auquel ils participent volontiers. Ils concourent ainsi à faire de Strasbourg Capitale de Noël un événement écoresponsable.

Dans son chalet installé place Saint-Thomas, Patrice Kiener propose du vin chaud, des crêpes, des spaetzele et autres spécialités locales qui font le régal des visiteurs du Marché de Noël. "Le mois n’est pas encore terminé et l’on peut déjà dire que c’est une belle année", sourit-il. Mais ravitailler locaux et touristes plus de neuf heures par jour ne se fait pas sans générer certains déchets. "Les produits que j’utilise proviennent de la région, ce qui limite le transport, se félicite le forain. Cependant, on jette tous les jours des emballages et des restes alimentaires."

Afin de réduire l’impact écologique de Strasbourg Capitale de Noël, un système de tri a été mis en place cette année sur l’ensemble des marchés. "Des bacs différenciés sont installés sur des zones techniques, aux abords des chalets : briques alimentaires, cartons, films plastique et déchets alimentaires ont leur poubelle dédiée", précise Eglantine Hirsch, cheffe de projet Strasbourg Capitale de Noël.

Biodéchets valorisés en gaz

Ainsi, les vélos cargo de Green Phoenix sillonnent la ville aux heures où les auvents sont encore fermés. "Nous fournissons aux exposants des sacs compostables ou des seaux, qu’ils jettent dans les bacs verts", explique Daniel Monjaraz-Perez, co-fondateur de la jeune entreprise. Tous les restes alimentaires sont acceptés – même la pâte à crêpe ou les résidus de viande.

Testée l’an dernier sur deux places, la collecte des biodéchets a été étendue à tous les marchés cette année. "Après une phase de sensibilisation au début, le tri semble s’ancrer dans les habitudes", poursuit Daniel Monjaraz-Perez. De fait, l’objectif de 5 tonnes sera dépassé sans peine. "Tous ces déchets sont ensuite revalorisés en biogaz injecté dans les réseaux de l’Eurométropole", ajoute-t-il.

25 à 30 tonnes de cartons et plastique

Sur les zones techniques, ses équipes croisent celles de Réseau Origami, qui s’occupent de la collecte des cartons et plastiques. L’entreprise adaptée (qui favorise l’insertion professionnelle de personnes en situation de handicap) est spécialisée dans le recyclage et le réemploi. "Le premier week-end, nous avons été un peu surpris par les volumes, qui dépassaient les prévisions. Mais nous avons pu ajuster le dispositif, en concertation avec la Ville", détaille Geoffrey Meszaros, responsable d’activité. Les déchets, collectés en camionnettes, sont retraités au Port-du-Rhin par l’entreprise Schroll. "Au lieu des 18 tonnes envisagées, nous allons atteindre un total de 25 à 30 tonnes."

Traitement des eaux grasses

Le succès de cette première année de tri sélectif repose en grande partie sur l’implication des exposants. "Je pense qu’on pourra même encore affiner les choses l’an prochain pour être plus efficaces", envisage Patrice Kiener, affairé à vider un bac métallique installé à l’arrière de son chalet.

Sur la place Saint-Thomas, le traitement des eaux grasses et des huiles fait en effet l’objet d’une expérimentation. "Auparavant, tout partait au tout-à-l’égout : cette année, le tuyau d’évacuation de l’évier passe par ce dispositif. Les résidus alimentaires sont filtrés, puis la graisse est séparée de l’eau. Une poubelle spécifique est à disposition dans la zone technique pour la jeter", démontre-t-il, geste à l’appui.

Bilan carbone

"Le tri des déchets s’inscrit dans notre volonté de faire de Strasbourg Capitale de Noël un événement écoresponsable, explique Eglantine Hirsch. D’autres éléments y participent : par exemple, les décors du Grand sapin sont pour l’essentiel produits localement par des artisans, les illuminations sont toutes en led, une partie des gobelets sont biosourcés…" Un bilan carbone de l’ensemble de la manifestation sera réalisé, afin de dégager d’autres axes d’amélioration. "Ce premier bilan brossera des grandes tendances, mais il sera réitéré en 2024 et 2025 pour être de plus en plus précis", conclut-elle.

Lisette Gries

Photos Jerôme Dorkel