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Lumieau-Stra : réduire les micropolluants à la source

La ressource en eau est précieuse et fragile. Pour la préserver, il est indispensable de réduire la pollution entrant dans les réseaux d’assainissement, en particulier les micropolluants.
3 377 805 €
de budget
1
projet sur 4 ans avec 4 phases clés
8
partenaires
64
personnes engagées dans le projet (dont 37 dans l'Eurométropole de Strasbourg)

Source : Ville et Eurométropole de Strasbourg 2015

"Proposer des solutions innovantes et opérationnelles pour lutter contre les micropolluants des eaux urbaines de Strasbourg", tel est l’objectif du projet Lumieau-Stra, piloté par l’Eurométropole de Strasbourg, en collaboration avec 7 partenaires.

 

Bilan Lumieau

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Le projet Lumieau-Stra pour réduire les micropolluants

Gouvernance du projet

Le projet Lumieau-Stra a été retenu dans le cadre de l’appel à projets national "innovation et changement de pratiques - Lutte contre les micropolluants des eaux urbaines", lancé en juin 2013 par l’Office français de la biodiversité (OFB), les Agences de l’eau et le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire. Ce projet, labellisé par le pôle de compétitivité sur l’eau Hydreos, a débuté en janvier 2015 pour une durée de 4 ans. Le budget du projet s’élève à 3,4 millions d’euros, financés à 50 % par l’OFB et l’Agence de l’eau Rhin Meuse.

Qu'entend-on par micropolluants ?

Les micropolluants sont des molécules qui, même à faible concentration, peuvent être toxiques pour les écosystèmes : composés liés aux produits phytosanitaires et aux hydrocarbures, métaux lourds, perturbateurs endocriniens… Ils sont présents dans les rejets des établissements industriels et artisanaux, mais aussi dans de nombreux produits de notre vie quotidienne (détergents, cosmétiques, peintures, médicaments, plastiques, biocides…). Les leviers de réduction à la source sont étudiés et encouragés en France dans le cadre du Plan national micropolluants (2016-2021), porté par le Ministère de la transition écologique et solidaire.

Une démarche à l'échelle de la collectivité

Le projet Lumieau-Stra propose une approche à l’échelle territoriale de la collectivité, intégrant les enjeux environnementaux, les impacts économiques et sociétaux. L’objectif est de développer des outils de diagnostic et d’évaluer des solutions de réduction adaptées aux principales sources de micropolluants en milieu urbain : industriels, artisans, particuliers et eaux pluviales.

Diagnostic à l’échelle du territoire

Un outil de hiérarchisation des émetteurs et des zones les plus émettrices a été développé. Il s’appuie sur les bases de données nationales d’émissions en micropolluants ainsi que sur les données mesurées localement. Il permet d’identifier d'une part les contributeurs principaux, et d'autre part les milieux aquatiques récepteurs à prioriser au regard de leur capacité à accepter la pollution déversée. Cet d’outil constitue une réelle avancée pour répondre aux obligations réglementaires incombant aux collectivités. Il doit être cependant confronté à une expertise et une réelle connaissance du territoire.
La démarche a vocation à être reproduite et adaptée sur le territoire d’autres collectivités.
En complément, nous avons pu tester et évaluer des outils innovants de recherche de micropolluants en réseau d’assainissement.

Industriels : Construire une démarche de coopération

Les rejets des principaux industriels de l’Eurométropole de Strasbourg sont déjà suivis dans le cadre de conventions avec le service Eau et assainissement et de programmes de suivi nationaux. Les échanges avec les industriels conventionnés du territoire se sont renforcés au cours du projet. La sensibilisation et le partage des enjeux réglementaires entre la collectivité et les industriels constituent une première étape vers des démarches de réduction. 

Artisans : Collaborer pour identifier les solutions de réduction les plus adaptées

Peu de travaux se sont intéressés aux rejets des artisans jusqu’à aujourd’hui. Les volumes de rejets d’une entreprise artisanale sont faibles. Cependant, à l’échelle de l’Eurométropole, le nombre d’artisans pour une activité peut être important, ce qui implique qu’une activité peut être une contributrice non négligeable de micropolluants. Au cours du projet, nous avons collaboré avec 4 métiers (les peintres en bâtiments, les garagistes, les menuisiers et les coiffeurs) afin de caractériser les micropolluants potentiellement présents dans leurs rejets, d’évaluer des solutions techniques de traitement des effluents avant rejet au réseau d’assainissement et des solutions de substitution. Les résultats vont maintenant être partagés avec les organisations professionnelles et centres de formation et une opération collective est en cours de construction pour accompagner les artisans du territoire à améliorer leurs pratiques.

Particuliers : Sensibiliser le grand public à la problématique des micropolluants 

Les micropolluants entrent dans la composition de la plupart des produits chimiques que nous possédons : produits d’entretien ménagers, produits pour le bricolage, produits phytosanitaires, produits cosmétiques et médicaments. Les résidus de ces produits peuvent être déversés ou rejetés dans nos toilettes et éviers. Seule une partie des micropolluants est éliminée par la station de traitement des eaux usées. L’autre partie peut donc se retrouver dans le milieu naturel.

Une étude sociologique préalable a permis d’identifier les freins et leviers pour faciliter le changement de pratiques des particuliers. Le changement le plus facilement accessible est celui lié aux produits ménagers. Nous avons ainsi construit la campagne de communication "Ménage au naturel", constitué d’un panel d’outils : affichage, guides, articles de presse, spots vidéo diffusés dans les cinémas, spots radio, ateliers de fabrication de produits ménagers. Ce panel a permis de toucher des cibles très variées et a reçu à accueil très positif. Après les produits ménagers, d’autres thématiques sont à explorer : les autres produits chimiques du quotidien et les médicaments.

Eaux pluviales : Etudier une filière de traitement végétalisée 

En ruisselant, les eaux pluviales charrient des substances issues des matériaux des toitures ou des façades et du trafic routier déposées sur les voiries (métaux, hydrocarbures). Au cours du projet, une filière végétalisée de traitement dédiée aux eaux pluviales a été suivie, démontrant son efficacité à retenir les micropolluants sur le long terme. Ces résultats doivent être confrontés aux résultats de suivi d’autres techniques qui se sont déroulés au niveau national.

 

Bilan et plan d’actions

Le projet Lumieau-Stra a permis de développer une boîte à outils opérationnelle pour réduire les micropolluants : outil de diagnostic territorial, identification et évaluation d’actions de réduction adaptées auprès des différents types d’émetteurs (artisans, industriels, particuliers, eaux pluviales). La collectivité peut désormais s’appuyer sur des retours d’expérience pour sensibiliser les différents émetteurs de micropolluants et faciliter leur changement de pratiques. Pour cela, nous allons nous appuyer sur le réseau de parties prenantes qui s’est constitué au cours du projet : chambres consulaires, organisations professionnelles, associations, etc. 

Un plan d’action est en cours de construction. Il intégrera également les résultats et retours d’expérience des autres projets réalisés sur le territoire français.

Valorisation du projet

Le projet Lumieau-Stra s’intègre dans la politique environnementale de la collectivité et dans le Plan Climat Strasbourg 2030.
L’équipe du projet Lumieau-Stra a été sollicitée à de nombreuses reprises pour exposer la démarche et les résultats lors de conférences s’adressant aux professionnels ou aux techniciens de collectivités.
L’organisation du colloque "Micropolluants & Innovation" avec l’Agence de l’Eau Rhin Meuse et l’Office français de la biodiversité à Strasbourg en octobre 2018 a donné une visibilité au projet Lumieau-Stra au niveau national. La journée de restitution du projet Lumieau-Stra aura lieu en novembre 2020. De plus, plusieurs distinctions ont récompensé la démarche (trophées Innovations Technicités-La gazette des communes lors du Salon des maires et des collectivités territoriales (Paris, 2017), label Sage du Sage Ill-Nappe-Rhin (Strasbourg, 2017).