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William Turmeau

William Turmeau : Sans titre (2019). Bill Noir / collage. Dimensions : 60 cm X 80 cm.

Portrait de William Turmeau par Christophe Urbain

Votre parcours artistique ?

Suite à un passage par l'École de l'image d'Épinal au début des années 2000, ma persévérance et ma curiosité ont d'abord eu comme visée, le graphisme, la photographie sténopé et le cinéma super 8. Au gré d'une exploration cinéphilique, de dérives dans les villes et les brocantes variées, mon intérêt c'est par la suite concentré sur le collage et la collection d'images vernaculaires.
Mon travail a alors suivi une voie d'explorations graphiques plus abstraite, expressive et depuis 2010 m'a amené à devenir auto-éditeur afin de promouvoir un large éventail du collage contemporain ainsi que des recueils de photos trouvées et celles de mon propre univers.
Cela fait aujourd'hui 12 ans que mon expérience du "ciseaux/colle" (pour parler du collage de façon analogue), me porte à évoluer et améliorer mon écriture, en explorant les textures et les palettes uniques qu'offrent les livres et revues anciennes, vestiges précieux du 20e siècle.

 

Un masque flottant au milieu d'archives en ruines.William Turmeau 

 

William Turmeau : Sans titre (2019)

Pourquoi avoir choisi cette œuvre ?

Ce collage, réalisé en 2019 est en quelque sorte l'extrait d'un ensemble. Mon processus de création reposant en grande partie sur l'improvisation.
De nombreuses étapes constituent en amont ce qui va me permettre de déployer de façon " végétale". Tout d'abord, par la collecte de trouvailles, reliques singulières, images fascinantes, porteuses de détails abstraits. 
Puis le dépouillement, consacré au classement, à la découpe. C'est l'occasion de concasser, de définir les lignes en utilisant les ciseaux comme crayon. Ainsi, au sein du bureau qui devient laboratoire, le mariage des tons, les vibrations des éléments entre eux me font aussi considérer le vide de la page comme acteur de la symbiose.
Chaque période de créations se voit enrichie de rythmes, mouvements ou de formes nouvelles qui viennent se greffer à mon panel d'outils. D'une certaine manière, je me retrouve souvent à "modeler" les fragments de papier.

 

Pourquoi le Bastion 14 ?

J'ai longtemps cherché à avancer mon travail de la façon la plus libre, afin de me donner le temps de penser et de faire.
Après avoir fait une première tentative pour le Bastion 14 en 2012, je me suis réorganisé de nouveau chez moi, pour finalement atteindre mes limites vis-à-vis de l'espace. J'étais entouré de trop de matières, j'y avais des activités différentes qui faisaient que je commençais à ne plus avoir l'esprit clair quant à l'évolution de mes collages.
En 2018, après avoir renouvelé mon dossier, j'ai pu découvrir et apprécier au sein du Bastion 14 le luxe de l'espace. En déployant de multiples supports, j'ai pu classer mes fragments de papiers, toujours plus nombreux et ainsi piocher pour opérer des confrontations, des connexions dans mes compositions. Je me suis enivré du désordre ambiant, car la perte de repères prépare souvent le jaillissement de la surprise. Ainsi, j'observe un certain recul dans la perception de mon travail, une progression et un plaisir de pouvoir mieux dompter ce que j'appelle mon 'chaosmos'.

 

Et pour vous suivre ?

 

Photos : © Christophe Urbain