La Neustadt

La Neustadt

La Neustadt
En 1871, l'Alsace et la Moselle sont intégrées à l'Empire allemand et Strasbourg devient la capitale du nouveau "Reichsland Elsass-Lothringen". La ville s'en trouve complètement transformée.

Un vaste chantier qui triple la surface de Strasbourg

Jusqu'alors, Strasbourg se déployait à l'intérieur de ses limites historiques, lovée dans le méandre protecteur dessiné par l'Ill. À partir des années 1880, sous l'égide des autorités allemandes, un vaste chantier débute, qui triplera la surface de la ville.

Les autorités municipales en conçoivent le plan d'urbanisme sur la base des projets présentés par Jean-Geoffroy Conrath, l'architecte de la Ville, August Orth, un architecte berlinois et Hermann Eggert, l'architecte du palais du Rhin. L'espace sera structuré de voies orthogonales, selon les principes haussmanniens, ou radioconcentriques organisées autour de places ponctuées de bâtiments publics ou de parcs.

La Neustadt : matérialisation du pouvoir et nouveaux logements

La construction de la Neustadt répond à plusieurs objectifs. Il s'agit d'abord d'incarner dans la pierre le changement de régime et l'avènement du nouveau pouvoir : la place impériale, aujourd'hui place de la République, est le pivot de cette opération urbanistique. Elle regroupe les bâtiments officiels, que domine l'imposant volume du palais du Rhin, lieu de résidence de l'empereur lorsqu'il se rend à Strasbourg.

Mais il faut aussi loger les nouveaux arrivants : l'annexion draine vers Strasbourg une immigration allemande très importante ; en quarante cinq ans, la population de la ville aura plus que doublé, passant de 80 000 habitants en 1870 à 180 000 en 1915. On trouve ainsi dans la Neustadt des immeubles de standing dotés de tout le confort moderne ("eau et gaz à tous les étages", comme le précisent encore les plaques en émail sur les façades), mais aussi, à l'écart des grands axes, de petits hôtels particuliers.

En matière de style, l'éclectisme règne en maître, ce qui contribue au vrai charme de ce quartier : un immeuble Art nouveau au décor foisonnant voisine avec une élégante villa qui pastiche le rococo, tandis qu'au loin se détachent les flèches néo-gothiques de l'église Saint-Paul : un vrai dépaysement architectural.