Comment fonctionne une station d'épuration ?

Comment fonctionne une station d'épuration ?

Comment fonctionne une station d'épuration ?
La station d'épuration de Strasbourg- La Wantzenau traite chaque année plus de 69 millions de m3 d'eaux usées. Comment sont traitées les eaux usées avant de rejoindre le milieu naturel ?

Les eaux usées qui arrivent jusqu'à la station d'épuration contiennent :

  • des matières en suspensions (déchets divers, sables) et des huiles,
  • des matières organiques,
  • des substances minérales.

Afin de nettoyer les eaux usées plusieurs étapes sont nécessaires :

  • un prétraitement : "dégrillage" et "déshuilage",
  • un traitement primaire,
  • un traitement biologique.

Le prétraitement : dessable/déshuilage

Il a pour fonction d'éliminer les déchets solides et grossiers ainsi que les graisses et les sables.

Il est composé de plusieurs étapes de filtration de plus en plus fines et de bassins de dessablage-déshuilage.

Le traitement primaire

Il a pour objectif de séparer par décantation les matières solides encore contenues dans le liquide provenant du prétraitement.

Le traitement biologique

À l'issue de ces 2 étapes successives, il ne reste plus que la pollution dissoute à traiter par voie biologique. Le traitement biologique est la partie essentielle du traitement des eaux usées.

Le principe est de mettre en contact des micro-organismes, naturellement présents dans les eaux usées au contact de la pollution à traiter. Cette dernière sert alors de nourriture à ces micro-organismes qui sont mis dans des conditions favorables à leur développement de manière à proliférer au regard de la quantité de pollution à traiter.

Pour se faire, on alterne zones aérées et non aérées qui permettent de traiter la pollution carbonée et azotée. La pollution phosphorée est quant à elle éliminée par adjonction d'un produit de précipitation.

En fin de processus, les micro-organismes tombent au fond des bassins et sont récupérés, sous forme de boue, par décantation.

Les déchets produits :

  • sable : 1 000 tonnes par an (incinération UIOM),
  • déchets de dégrillage : 500 tonnes par an (incinération UIOM),
  • graisses : 500 tonnes par an (incinération UIOM),
  • boues : 70 000 tonnes par an, soit 10 camions de 25 tonnes par jour (incinération sur site + compostage).

Avant de rejoindre le milieu naturel, les eaux usées passent entre 22h et 24h à la station pour être dépolluées.

La valorisation énergétique

La station d'épuration est respectueuse de l'environnement. Le bio-gaz produit lors de la digestion des boues est transformé en énergie électrique, qui alimente les équipements de la station, et en énergie thermique, qui permet de maintenir la température interne du "digesteur". Associée au bio-gaz, la chaleur issue des fumées de l'incinération permet de faire fonctionner le "sécheur" de boues.

L'importance du réseau d'assainissement

Une station d'épuration ne peut fonctionner correctement que si un réseau d'assainissement performant est installé en amont.

Rappelons que le terme "tout à l'égout" employé autrefois n'a plus lieu d'être puisque les réseaux d'assainissement ne doivent collecter que des eaux usées, sans produits nocifs pour l'environnement.

Les déchets toxiques liquides (comme par exemple l'ammoniaque, le liquide de refroidissement, la soude ou encore les restes de peinture...) sont nocifs pour les stations d'épuration. En effet, ils détruisent les bactéries épuratrices, ce qui dégrade la qualité du traitement de l'eau.

Les stations ne sont pas conçues pour éliminer de telles substances, ce qui veut dire qu'elles traverseront la filière de traitement et se retrouveront dans les boues d'épuration mais aussi dans le milieu naturel.

 
Chiffres clés

1 677km de conduites de collecte des eaux usées
4 stations d'épuration sur le territoire
66 323 487m3 d'eaux usées traités en 2011 soit plus de 180 000m3 par jour
Plus de 13 000 tonnes de boues (matière sèche) produites en 2011
Avant de rejoindre le milieu naturel, les eaux usées passent entre 22 et 24 heures à la station pour être dépolluées

Source : rapport annuel sur le prix des services publics de l'eau et de l'assainissement 2011